Photo illustration
  • Ajay Jhurry (ATO): « Nous voulons de la clarté et un programme de vaccination pour le secteur touristique »

Alors qu’il était tant attendu, le début de la campagne de vaccination dans les milieux hôteliers ne fait pas que des heureux et s’accompagne de couacs. Les doses d’AstraZeneca sont âprement convoitées par les opérateurs touristiques de tous bords, car il s’agit du secteur en première ligne pour l’accueil des touristes étrangers

Des petits et moyens opérateurs – notamment ceux exerçant hors du circuit hôtelier – s’interrogent en l’absence d’un programme de vaccination, cela alors qu’ils ont plaidé pour une meilleure transmission des informations lors d’une rencontre récemment avec le Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Steven Obeegadoo.

« On ne sait pas sur quelle base et dans quel ordre certains opérateurs sont contactés pour se faire vacciner ces jours-ci. Il faut de la transparence. Nous n’avons pas été contactés, nous sommes dans le flou et nous nous demandons pourquoi d’autres passent avant nous », disent-ils. « Eski zis bann gro palto ki pou vaksine ? Okenn otorite pann kontakte nou, zis gro otelie ki pe vaksine. Eski kot mwa pena dimounn, ena bebet ? Nou osi nou bizin vaksin », s’insurge un opérateur.

Ils plaident pour que tous les opérateurs – grands, moyens et petits – soient traités sur un pied d’égalité. D’autres craignent que n’étant pas dans les “good books” du gouvernement, ils risquent d’attendre indéfiniment la vaccination. « Il faut communiquer. Il faut être transparent pour éviter toute discrimination. Où est le programme de vaccination ? Pourquoi certains gros hôteliers ont été choisis pour être vaccinés en premier ? Nous voulons comprendre ; nous aussi, nous voulons être prêts pour la reprise. » Voilà le message qu’ils font passer au gouvernement.

Pour Ajay Jhurry, président de l’Association of Tourist Operators, qui regroupe une trentaine de membres, le gouvernement doit donner priorité aux “frontliners” du secteur, c’est-à-dire non seulement les hôteliers mais aussi les réceptifs/tour-opérateurs. « Les réceptifs doivent être vaccinés en priorité car ils sont les premiers contacts des touristes qui arrivent à Maurice, avant même que ceux-ci n’arrivent dans les hôtels », dira-t-il.

Certains membres de son association ont d’ailleurs déjà été contactés, mais pas tous et une certaine appréhension perdure. « Moi-même, j’ai une licence de tour-opérateur mais je n’ai pas encore été contacté. Nous avions eu une réunion avec le Premier ministre adjoint il y a quelques semaines où nous avons insisté sur des réunions techniques et une meilleure transmission des informations. Nous lui avons même envoyé un mail après la réunion à cet effet. Nous avons écouté le DPM, mais nous attendons toujours… Peut-être qu’on nous appellera dans trois mois ! » ironise-t-il.

Pour le moment, les opérateurs n’ont d’autre choix que de patienter en attendant leur tour. « Si nous ne sommes pas vaccinés, nous ne pourrons pas travailler à la reprise. C’est pour cela que nous voulons de la clarté sur le programme de vaccination pour le secteur touristique », dit-il.

Le président de l’Association of Tourist Operators fait remarquer qu’il faut aussi considérer plusieurs aspects. Il souhaite également que le programme de vaccination s’accompagne d’une campagne de sensibilisation sur l’importance de la vaccination.