L’entreprise Trait d’Union, spécialisée dans les panneaux publicitaires et dirigée par Désiré Mariette, a fêté vendredi son jubilé d’argent au domaine de Wolmar, à Flic-en-Flac. L’occasion de rendre un vibrant hommage au métier et au personnel. Car Trait d’Union se positionne sur le marché mauricien par son originalité, ses visuels devenant de belles références dans le paysage médiatique local.
Vingt-cinq ans. Un long cheminement, un défi personnel de Désiré Mariette qui a démarré son entreprise dans son garage avant de savourer aujourd’hui les fruits du succès. Son entreprise, Trait d’Union, basée à Petite-Rivière, a su s’imposer au fil des années en devenant une courroie de transmission entre l’annonceur et le public. Chaque panneau publicitaire raconte une histoire, une émotion. Car une affiche publicitaire peut être constituée de messages verbaux, textes, slogans, messages visuels pour représenter une marque, un produit.
Désiré Mariette se raconte avec dans la voix cette passion qu’il est parvenu à insuffler à son personnel. Ses débuts remontent à Visuel, un des premiers afficheurs à réaliser les panneaux 4x3m à Maurice. « On est parvenu à introduire ces panneaux dans les principaux stades, lors des journées de courses. On était alors sur un terrain inexploré avec le “outdoor advertising”. Ce n’était pas encore l’ère des billboards. La première campagne de Visuel a été un engouement au niveau des annonceurs tels que Emtel, Mercedes. J’ai eu un bon mentor en la personne de Guy Dufour basé à la Réunion et qui m’a familiarisé avec l’affichage. »
Lorsqu’il se retrouve au chômage, Désiré Mariette décide de mettre à profit ses connaissances. L’expérience aidant, il crée Trait d’Union, avec des débuts modestes en démarrant ses activités dans un garage. En bon visionnaire, Désiré Mariette est aussi l’homme à tout faire puisqu’il évolue en solo dans un premier temps, avant d’être rejoint par deux autres personnes dans l’aventure. Le cœur à l’ouvrage, Trait d’Union parvient à s’imposer en assurant avec brio la visibilité de divers produits. Il existe pour cela différents types de panneau publicitaire, affichage classique, led. Entre la pub informative, argumentative ou incitative, Trait d’Union se fraie un chemin. Avec ses illustrations, son logo, ses textes structurés, l’idée accroche.
Vers un affichage de proximité
À la question de savoir si une affiche publicitaire dérange, voire choque par moments, Désiré Mariette dira : « D’aussi loin que je m’en souvienne, la campagne Benetton avait été jugée choquante. Il y avait même des directives d’enlever ces panneaux. Même s’il y a eu interdiction, la campagne a été un succès. » Aujourd’hui, Désiré reconnaît qu’il n’y a aucun sensationnalisme dans les panneaux publicitaires : « Il n’y a pas que l’image qui choque, mais les mots aussi. Chez Trait d’Union, on est très réglo dans notre démarche publicitaire, et on préfère mettre l’accent sur une pub qui attire. Mon coup de cœur ira vers le panneau d’affichage Green field avec un steak d’agneau mis en évidence et qui donne envie de manger. Cette affiche a cartonné. »
Après 25 ans de métier, si c’était à refaire pour Désiré Mariette, il estime qu’il aurait le même cheminement. « À l’heure actuelle, on peut apporter plus d’améliorations. Au niveau de la taxe, on doit dire que nous étions le média le plus touché, car nous payons plus d’un million de roupies à la MRA. Cette année, après le discours du ministre des Finances qui a dit qu’il va ramener la taxe à 50%, à partir de janvier 2024, cela va alléger le fardeau des régisseurs publicitaires. C’est aussi un encouragement pour nous de revoir la structure publicitaire qu’il y aurait dans de nouvelles installations et tenir compte de l’aspect écologique dans cette structure. Au niveau de Trait d’Union, on va essayer d’innover dans ce sens autour de nos panneaux. »
Les difficultés rencontrés par Désiré Mariette sont liées à la rude concurrence pour les meilleurs sites, avec l’advertising structure fees. Il est d’avis que les prix doivent être aussi compétitifs que ceux d’autres médias. Prochainement, Trait d’Union compte se tourner vers un affichage de proximité auprès de chaque famille mauricienne. Introduire de nouvelles technologies, introduire du led dans des endroits stratégiques ? « Les annonceurs mauriciens préfèrent des images statiques. L’investissement publicitaire sur un panneau reste 365 jours et pour eux le plus efficient est qu’un panneau soit divisé entre trois ou quatre annonceurs. En sensibilisant les autorités, on peut les amener à avoir une ouverture d’esprit sur nos corps de métier et ne pas voir que le côté classique du produit. »
Quand on demande à Désiré Mariette de décrire son parcours, il dira tout de go : « Je me considère comme étant le conservateur du musée de la rue. Tout ce que l’on affiche est une forme d’art. On a affiché pas très longtemps Chazal, à travers Hosseny. Le passant, il a l’œil pour cela. Tout arrive vers nous pour être décliné au public. Le meilleur compliment qu’on reçoit, c’est la satisfaction du travail bien fait et la reconnaissance du personnel. »
Il dira aussi que comme rotarien, il place l’humain au cœur de ses actions et compte dans le cadre des 25 ans de Trait D’Union aider les enfants défavorisés en les accompagnant dans leur scolarité. Son rêve personnel est d’écrire un jour son autobiographie.

