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  • Une demande faite au Premier ministre, Pravind Jugnauth, et au ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, d’arrêter l’abattage des animaux

Leurs voix s’ajoutent aux autres organisations non gouvernementales et aux défenseurs des droits des animaux. Une centaine de “rescuers” d’animaux errants, notamment des chiens et des chats, regroupés sous le nom de “Animal Lovers Mauritius” comptent poursuivre en justice la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) pour le non-respect de ses engagements. Avant que cette étape ne soit franchie, elle demande au Premier ministre d’agir. Par ailleurs, des instances internationales, militant pour les droits des animaux, ont déjà été alertées par l’Animal Lovers Mauritius sur les conditions de traitement des animaux.

« La cruauté envers les animaux est notée depuis plusieurs années avec l’argent des contribuables, c’est-à-dire le Catch And Kill. Cette pratique dure depuis des années, car les chiens errants existent toujours à Maurice. Nous avons un problème d’abandon, d’abus et d’élevage illégal dans le pays. Mais le plus grand problème est la MSAW. Nous sommes révoltés contre cet organisme, car nous ne voyons pas son engagement envers le bien-être des animaux », explique un membre de l’ONG. De ce fait, les organisations internationales et locales ont été alertées à travers un document pour voir ce qui se passe à Maurice s’agissant du traitement accordé aux animaux qui errent.

Dans la lettre, l’Animal Lovers Mauritius demande que des réformes soient apportées à l’Animal Welfare Act (2013), la qualifiant de « totally unfit for purpose ». On peut lire dans la lettre que : « La loi doit être immédiatement révisée pour éviter toute nouvelle souffrance aux dizaines de milliers de chiens et de chats innocents qui vivent ici. L’Attorney General, Maneesh Gobin, est responsable de l’application de la loi dans un pays où sa propre entité de protection des animaux, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) enfreint continuellement et de manière inhumaine la loi sur la protection des animaux. »

Selon la “rescuer”, il était très simple pour le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, de rencontrer une équipe de l’Animal Lovers Mauritius pour discuter du problème. Elle dit regretter que sa demande n’ait jamais été agréée. « Nous avons soumis des propositions au gouvernement, mais rien n’a été fait », dit-elle. Parmi ces propositions, la stérilisation de masse fait partie de la loi, tout comme de nouvelles directives en matière de sanctuaire et d’éducation. « Nous devons également ouvrir nos frontières aux vétérinaires étrangers, mais le Veterinary Council empêche ces vétérinaires de venir ici. Les ONG, qui souhaitent entreprendre leurs propres campagnes de stérilisation financées par le secteur privé, ne peuvent plus le faire aussi souvent, uniquement en raison du manque de vétérinaires qualifiés. Maneesh Gobin a le pouvoir de changer la situation, mais il a choisi de ne pas intervenir », regrettent les “rescuers”.

Selon elle, l’organisation travaille dans une opacité complète. Prenant en considération les photos prises de la MSAW, où des chiens sont vus dévorant des chiens morts, elle estime que cela est « révoltant ». Elle regrette que tous les gouvernements aient placé des nominés politiques à la MSAW. « C’est l’Animal Welfare Act, telle qu’elle existe encore aujourd’hui, qui autorise ces atrocités. Cette loi doit être réformée de façon drastique. La MSAW n’a pas seulement maltraité les chiens qu’elle ramasse dans la rue, mais depuis sa création, elle n’a rien fait pour le bien-être des animaux, ses principales activités tournant autour de l’euthanasie des chiens et des chats en bonne santé, alors que la loi offre des alternatives comme l’adoption. Par conséquent, le personnel de la MSAW se livre à des pratiques à la fois illégales et contraires à l’éthique en matière de bien-être », écrivent les “rescuers”.

De plus, ils n’obtiennent aucune aide du gouvernement et doivent débourser de leurs poches pour traiter et nourrir les animaux. Par ailleurs, la porte-parole dénonce l’élevage illégal des animaux. Pour elle, c’est une industrie qui génère de l’argent et bénéficie de certaines enseignes qui importent de la nourriture pour chiens. Accompagnant la lettre avec des photos macabres de chiens, l’ONG explique que, face à la publication des images troublantes de négligence et d’abus, la seule réponse de la MSAW a été de « refuser de tels traitements et conditions, et d’interroger son personnel dans le cadre d’une enquête interne visant à établir qui, au sein de la MSAW, a pris ces vidéos accablantes ».

Elle avance de même qu’il existe une « surpopulation de chiens » à Maurice. L’organisme Humane Society International, dit-elle, ayant l’expertise requise dans la stérilisation de chiens, était à Maurice. « Il est malheureux que son contrat n’ait pas été renouvelé », avance cette source, qui craint qu’il se pourrait qu’une autre personne ait obtenu ce contrat. De plus, elle dit ne pas comprendre pourquoi les comptes de la MSAW n’ont pas été présentés, alors que c’est un organisme qui reçoit Rs 2 millions par mois.

La situation des animaux errants, dit-elle, ne peut continuer. Les “rescuers” comptent donc poursuivre la MSAW en justice si rien n’est fait pour changer le sort des animaux dans les rues. « Si aucune action n’est prise, nous irons vers des poursuites légales contre la MSAW pour maltraitance envers les animaux », prévient-elle. L’espoir, dit-elle, réside dans la réforme de l’Animal Welfare Act de 2013.