– « Le gouvernement privilégie ceux qui viennent faire du business au détriment des Mauriciens Stranded »

Passées les premières émotions du retour au pays après plusieurs mois d’absence et la découverte de la vie en quarantaine, les langues se délient parmi les Mauriciens bloqués en Afrique du Sud et qui ont embarqué à bord du vol de rapatriement MK852. Celui-ci a décollé de Johannesburg le 16 juin, fait escale à Madagascar avant d’atterrir à Maurice. Censé permettre aux Mauriciens bloqués en Afrique du Sud de rentrer chez eux, ce vol était rempli de Sud-Africains. C’est ce qu’indiquent des Mauriciens, qui étaient à bord.
En quarantaine au Ravenala Attitude à Balaclava, ils ont contacté la rédaction de Le-Mauricien pour faire part de leur surprise. « Pa sipoze enn vol rapatriman pou Morisien sa ? Be kifer li ti ranpli ar ban Sid Afrikins ? No pe anvi koze pou denons sa, parski li pa normal. Morisien pe pass mizer dan lafrik di sid, zot bizin gagn priyorite », lance un de ceux de retour au pays.

Oui, c’est une véritable chance, car il n’y a eu qu’un seul vol de rapatriement d’Afrique du Sud depuis décembre 2020 et de nombreux Mauriciens sont encore Stranded dans ce pays et ne demandent qu’à rentrer, comme l’a confié il y a quelques jours Catherine Leclézio de la plateforme Mauritius in Quarantine. Comment alors expliquer que le vol de rapatriement du 16 juin ait été largement consacré aux ressortissants sud-africains ? Mystère et boule de gomme…

Mais nos compatriotes ont leur avis sur la question : « Ils opèrent des vols en toute discrétion et s’arrangent pour que le business passe avant tout ! C’est clair que les autorités privilégient ceux qui viennent faire du business au détriment des Mauriciens “stranded”», déplore un passager du vol du 16 juin. « D’ailleurs, nous avons interrogé quelques étrangers discrètement et ils nous ont dit qu’ils venaient à Maurice pour affaires ou parce qu’ils avaient acheté une résidence à Maurice. Nous n’avons rien contre eux, mais nous voudrions comprendre pourquoi ces étrangers ont priorité sur les pauvres Mauriciens qui doivent rester bloqués hors du pays. Ils vivent un cauchemar depuis plusieurs mois loin de leur famille. Pis, certains n’ont même pas été informés de ce vol. Car j’ai moi-même parlé à des compatriotes pour leur demander pourquoi ils n’avaient pas pris l’avion ce jour-là et ils m’ont dit qu’ils n’étaient même pas au courant qu’il y aurait un vol. Franchement, c’est choquant. Le gouvernement agit dans son propre intérêt », poursuit ce passager. « Zot met zis enn vol rapatriman ezot plin sa ar sid afrikins », lance un autre.

« Dès mon arrivée à l’aéroport de Johannesburg le 16 juin, j’ai bien observé tout ce qui se passait. J’avais remarqué qu’il y avait une majorité de Sud-africains sur ce vol et j’ai trouvé cela bizarre. Un Repatriation flight est censé être pour les enfants du sol, non ? C’est une insulte envers nos compatriotes qui restent bloqués là-bas. Nous avons une pensée pour eux », raconte un autre compatriote. Selon ce témoin, il n’y avait qu’une trentaine de Mauriciens à bord de ce vol du 16 juin et le reste était des étrangers.