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Après trois mois d’opération, le service des autobus navettes (feeder buses) sonne comme un constat d’échec pour Metro Express Ltd (MEL) et pour le ministère du Metro léger et du Transport. Le faible taux de fréquentation constaté par la Compagnie Nationale de Transport (CNT), Rose-Hill Transport (RHT) et l’United Bus Services (UBS), depuis le 10 janvier 2020, interpelle d’autant plus que les navettes ponctuelles et étaient gratuits jusqu’au 1er mars. Hormis la CNT qui propose trois minibus aux heures de pointe à Quatre-Bornes, les navettes ont disparu de la circulation peu de temps avant le confinement.

En réponse à une question du député de l’opposition Fabrice David à l’Assemblée nationale, le 7 juillet dernier, le ministre du Métro léger et du Transport, Alan Ganoo, avait fait valoir que « with the introduction of these paid feeder services, we noted a decline of more than 50 % of the feeder ridership between the1st and 10 March 2020… » Ainsi, pour relancer le service de navettes, le ministre envisage l’instauration d’un « système moins coûteux et plus moderne ». Quelle serait alors la formule idéale ? Le directeur général de RHT, Siddharth Sharma, s’est exprimé à ce sujet, le 28 juin dernier, dans les colonnes de Week-End : « Il faudra attendre que le tracé du Metro Express soit étendu vers Curepipe pour envisager un retour des navettes et voir si ce système est rentable », avait dit Siddharth Sharma, lequel  préconise « la création de péages pour accéder dans les villes afin d’inciter les gens à prendre le tramway. Il faut aussi aménager plus de parcs de stationnement ».

Le directeur d’UBS, Swaley Ramjane ne partage pas l’avis de son homologue de RHT sur l’introduction du péage. « Certes, les services de navettes n’ont pas été à la hauteur des espérances en ce qui concerne la rentabilité, mais de là à proposer le péage en guise de solution, ce serait injuste pour les automobilistes qui seront obligés de payer pour avoir accès à une ville ». Selon lui, le service de navettes est voué à l’échec, d’une part parce que ce moyen de transport « n’est pas dans les habitudes des Mauriciens », et d’autres part, parce que « les autorités n’ont pas compris que ce système ne fonctionnera pas tant que les opérateurs ne disposeront pas de moyens financiers. La sauvegarde de l’emploi est la priorité du moment. »

Sunil Gopal, responsable de communication à la CNT, s’est quant à lui est laconique. « Nous faisons confiance au ministre Alan Ganoo pour trouver la bonne formule. A la CNT, nous continuons à jouer le jeu avec trois navettes qui desservent les régions d’Ollier et Belle-Rose vers les stations. »