Photo d'illustration

Engagées par un contracteur pour le dépaillage des champs, elles attendent d’être payées depuis trois semaines

Les policiers leur demandent d’aller au bureau de l’emploi… fermé en raison du confinement

Une quinzaine de femmes, habitant la région de Cité La Ferme, se battent depuis trois semaines pour obtenir leurs salaires. Elles ne savent plus vers qui se tourner pour se faire entendre et ne savent comment nourrir leurs familles. Le contracteur, qui les a engagées, refuse de verser leurs salaires. Elles se sont donc rendues au poste de police de leur localité, mais on leur a fait comprendre que la police « ne s’occupe pas » de ce genre de cas et qu’il faut se rendre au bureau de l’emploi. Or, celui-ci est fermé en raison du confinement.

Elles sont désespérées et ne savent plus à quelle porte frapper. Ces femmes ont été engagées par un contracteur, un dénommé Shyam, qui, lui, a obtenu le contrat d’une compagnie sucrière, pour le dépaillage de ses champs de cannes. D’habitude, elles perçoivent leurs salaires à la quinzaine, mais le dernier paiement n’a pas été effectué.
« À la fin du mois de février, nous aurions dû recevoir notre argent, mais le contracteur nous a dit qu’il y avait un retard et qu’il allait nous payer dans le courant de la semaine précédant le confinement. Nous avons continué à travailler, pensant qu’il allait nous payer, mais par la suite, il y a eu le confinement. Cela fait trois semaines maintenant que nous attendons. Nous ne savons où trouver de l’argent pour acheter à manger pour nos enfants », disent ces femmes désespérées.

Dans le courant de cette semaine, elles ont bravé les risques liés à la propagation de la COVID-19 pour aller voir le contracteur chez lui, mais elles sont retournées bredouilles. « La femme du contracteur est sortie et elle nous a parlé brutalement. Elle nous a demandé de partir sinon elle allait appeler la police. » Croyant bien faire, les dames se sont rendues au poste de police pour chercher de l’aide. Mais sur place, on leur a fait comprendre : « Nou pa rant dan sa bann zafer-la nou. Ou bizin al get biro travay. »

Sauf qu’en plein confinement, les bureaux de l’emploi sont fermés. De même, elles ne peuvent se rendre au ministère du Travail, à Port-Louis, car elles risquent de prendre une amende pour violation à la Breach of Quarantine Act. Ces femmes se disent désespérées, d’autant que certaines ont des enfants en bas âge. « Il faut acheter des couches, du lait… comment allons-nous faire ? Nous avons travaillé dur dans ces champs pour nourrir notre famille, mais on refuse de nous payer. De plus, il n’y a personne pour nous aider dans cette situation. »

Au ministère du Travail, on nous informe qu’un service a été mis en place à partir de cette semaine, pour recueillir les plaintes d’abus pendant le confinement. Plusieurs lignes sont disponibles pour chaque région. Pour le nord, il faut appeler sur le 2072689/57853586/57630028; Port-Louis : 2072608/59266269/57622556 ; est : 2072686/59253132/54570748 ; sud : 2072664/58151080/57963389 ; Curepipe, Vacoas et Quatre-Bornes : 2072687/57552231/59119929 ; Rose-Hill, Beau-Bassin et Rivière-Noire : 2072685/57924616/57611062.

Les travailleurs migrants doivent eux, appeler sur le 2072640/ 57391043/59488447. Pour toute info sur les lois du travail, les numéros à contacter sont : 2072673/57727103/57602870/ 57813888. Par ailleurs, trois officiers sont spécialement dédiés aux informations relatives à la santé et à la sécurité sur le lieu de travail. Ils sont les officiers Cheddy (2072739 /57507751), Lekram Chimeea (2072756 /57987589) et Vasant Rao Saccaram (2072735 /57882006). Les plaintes peuvent également être enregistrées en ligne sur le Citizen Support Portal (www.csu.mu).