Salaires et conditions de service : 
L’UBIW menace de déclencher une grève dans le transport public


L’Union of Bus Industry Workers (UBIW) – comprenant les employés de la National Transport Corporation (CNT), de l’United Bus Service (UBS), de la Rose Hill Transport (RHT), de la Triolet Bus Service (TBS), de la Mauritian Bus Transport (MBT) et les bus individuels – menace de faire grève si les négociations du Collective Bargaining échouent.

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« Nous sommes en situation de crise. Si cela perdure, l’UBIW déclenchera les procédures pour une grève », explique le négociateur, Ashok Subron. Ce dernier appelle à une table ronde en urgence avec toutes les parties concernées, dont les employés, les syndicats, ainsi que les ministères du Transport et des Finances, pour discuter de cette crise dans l’industrie.
Ashok Subron déplore tout d’abord le non-paiement de Rs 1 000 à tous les employés du secteur, seuls ceux de la CNT ayant en effet obtenu cette allocation.

« Alan Ganoo a introduit une discrimination entre les travailleurs du transport. Nous faisons le même travail et nous avons les mêmes droits. Sauf que c’est une minorité qui a touché cette allocation », déclare Saleem Bacsou, de l’UBS, et qui assume la présidence de l’UBIW.
Son collègue à la CNT, et secrétaire de l’association, Alain Kistnen, dit avoir reçu cette allocation, mais il parle d’un système d’apartheid, ajoutant : « nous voulons que nos collègues des autres compagnies reçoivent eux aussi cet argent. »

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Le négociateur de l’UBIW explique tout d’abord que le transport public est subventionné par l’État à hauteur de 60 à 70%, et qu’il est gratuit pour les étudiants et les retraités. « Depuis deux ans, il y a une mutation dans le système de transport, avec la venue du métro. Nous ne nous opposons pas frontalement au métro, mais nous déplorons son implémentation et sa déconnexion avec le transport public », dit-il.

Il dénonce une mauvaise planification de ce système, car les bus n’ont pas été parties prenantes, à l’exception de quelques Feeder Buses au début. « Le système du métro a fait baisser les revenus pour les compagnies d’autobus »,
déclare Ashok Subron.

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Il a par ailleurs aussi abordé le problème financier évoqué par le patronat de l’industrie du transport pour ne pas accorder d’augmentation. « Nous sommes vraiment en crise. Il y a des travailleurs qui n’auraient pas pu toucher leur salaire de janvier, février et mars. Par exemple, l’État a coupé les subsides mensuels à la CNT par Rs 6 millions. On parle d’un déficit de plus de Rs 100 millions dans le budget de la corporation. La situation est similaire dans les autres compagnies de transport », révèle Ashok Subron.

Il blâme également une mauvaise planification  des gouvernements successifs. « Nous sommes en faveur du transport gratuit pour les aînés et les étudiants. Le ticket a certes augmenté, mais le subside à cette catégorie de passages est resté le même », fait-il comprendre en estimant que « les différents gouvernements ont laissé une forme d’anarchie dans cette industrie, avec des transports au noir qui travaillent en parallèle avec les autobus, causant d’énormes préjudices au système du transport ».

Profitant de l’occasion, il a critiqué le contenu d’une correspondance du ministre du Transport adressée à l’UBIW, et faisant croire, dit-il, que le ministère avait demandé aux employeurs de payer l’allocation de Rs 1 000 aux employés. « Or, il n’y a aucune instruction en ce sens au Renumeration Order », soutient Ashok Subron. Outre le paiement de cette allocation, l’UBIW réclame aussi une augmentation salariale de 21% pour les employés et demande que ces derniers soient couverts par une assurance lorsqu’ils travaillent pendant un cyclone ou en cas d’inondation.
Pour faire entendre leur voix, les membres de l’UBIW ont prévu une marche de protestation le 1er mai de Saint-Jean à Ebène.

Après cette date, l’association a prévu un symposium sur la nécessité d’un système de transport public intégré, gratuit et écologique. « Nou pou swiv sitiasyon apre le 1e-Me. Si li kontinie, nou pou fer seki nou konn fer. UBIW pou al ver lagrev. Nou pou deklans leprosedir si nou pa gayn naryen dan collective bargaining. »

Ashok Subron fait un appel « au bon sens » du ministre Ganoo, également ancien conseiller légal de l’UBIW, pour enclencher des négociations.

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