L&T justifie ses travaux nocturnes par la chaleur qui favorise le risque de fissuration du béton durant la journée    

L’objectif affiché par le ministre du Métro léger et du transport, Alan Ganoo, de lancer la phase 2A du Metro Express (entre Rose-Hill et la gare de Quatre-Bornes), en avril ou en mai 2021 est bien parti pour se matérialiser. C’est du moins l’impression qui se dégage à la faveur d’un constat qu’on a effectué vendredi sur l’avancée des travaux. Pour preuve, 80% des pylônes électriques qui composent le tracé ont déjà été érigés. La pose des rails se poursuit entre le centre de badminton de Rose-Hill et la gare de Quatre-Bornes, où l’aménagement de la sous-station de traction est complété à 90%. Là où le bât blesse demeure les inconvénients engendrés par le bruit des engins de chantier jusqu’aux petites heures du matin.

« Compte tenu de l’aménagement de presque tous les pylônes, la prochaine étape consistera, au mois de novembre, à relayer le système électrique de la phase 1 à la phase 2A », nous confie Nausheen Aullybux, responsable à la cellule de communication du constructeur Larsen & Toubro (L&T). C’est à Quatre-Bornes, à l’ancien parcours de santé Gérard Bruneau que l’on constate le plus l’avancée des travaux. Les ouvriers de L&T travaillent parfois jusqu’aux petites heures du matin pour, d’une part, poser les rails sur une partie du parcours et, d’autre part, construire la plateforme en béton sur laquelle repose les rails sur l’autre.  Cette démarche suscite la colère des habitants de la localité qui passent des nuits blanches depuis plusieurs semaines. En guise d’explication, Nausheen Aullybux soutient que « ce n’est pas de gaité de cœur que L&T travaille à des heures indues. Le béton perd en maniabilité lorsque les températures augmentent. Son temps de prise s’accélère et le risque de fissuration augmente à cause d’une évaporation trop rapide de l’eau. C’est pour ça qu’on travaille la nuit. »

La pose des rails a aussi été complétée aux deux intersections qui mènent vers l’avenue Belle-Rose, alors que la sous-station de traction érigée à la gare est actuellement en cours d’aménagement.  La station de Quatre-Bornes sortira de terre le mois prochain. Si les travaux se déroulent sans anicroche dans la Ville des Fleurs, tel n’est pas le cas à Curepipe, rue Sivananda, en zone résidentielle, où les travaux sont au point mort. L’on apprend que certains  habitants dont les biens empiètent sur le tracé ont objecté à ce que les ouvriers de L&T pénètrent sur leur terre. « Les habitants attendent que le ministère du Logement et des Terres leur répondent sur certains points qu’ils ont soulevés dans le document du compulsory acquisition qu’ils ont reçu. Nous attendons que les deux parties trouvent un terrain d’entente avant de reprendre les travaux », indique Nausheen Aullybux.         

L’initiative verte de Larsen & Toubro

La compagnie Larsen & Toubro (L&T) a dévoilé, au cours de la semaine écoulée, les initiatives qu’elle a entreprises en ce qui concerne le développement durable et environnemental autour des lignes ferroviaires.  Ces annonces ont été faites dans le cadre de la World Sustainable Week.

2629. C’est le nombre de jeunes plantes que L&T souligne avoir mises en terre au dépôt de Richelieu, à Barkly et au Jardin Botanique de Curepipe. La firme indienne indique également avoir prévu la transplantation de 451 plantes sur le parcours entre Port-Louis et Curepipe. D’autres initiatives ont permis l’excavation de 742 000 m3 de roches et de matériaux ainsi que les 34 963 tonnes métriques de rochers et de matériaux broyés par Gamma Materials. Des excès de béton ont également été utilisés pour fabriquer des traverses destinées à être placées sur les ballasted rails. Le ministre du Métro léger et du transport terrestre, Alan Ganoo a fait ressortir, lors de ces célébrations, que le gouvernement étudie la possibilité d’utiliser de l’énergie solaire pour alimenter les tramways. « Nous sommes actuellement en consultation avec Metro Express Ltd et le ministère de l’Energie pour faire rouler les trains grâce à cette énergie. Des pays comme l’Allemagne et la Malaisie ont démontré qu’il était possible de le faire », soutient le ministre.

L’inauguration de l’Ébène Car Park  

Pravind Jugnauth : « La  réponse aux problèmes de stationnement »

L’Ébène Car Park, situé à l’entrée sud de la cybercité, est opérationnel au public depuis le 4 août dernier. Or, ce n’est que vendredi que le Premier ministre, Pravind Jugnauth a procédé à l’inauguration de ce bâtiment de 6000 m² à huit niveaux, qui peut abriter jusqu’à 934 véhicules, dont 73 places non couvertes aménagées à l’extérieur. Le PM a souligné, lors de son discours, que « la cacophonie qui règne à Ebène, en ce qui concerne le stationnement sauvage des automobilistes, en particulier, est la conséquence de l’absence d’un plan d’urbanisme planifié et contrôlé de la part des dirigeants qui étaient à la tête du pays entre 2005 et 2014 ».

L’aménagement de ce nouveau parc de stationnement a, donc, pour objectif d’aider à inverser la tendance. « Ce projet est une réponse adéquate aux problèmes de stationnement et contribuera à mettre fin à l’incivisme de certains automobilistes », a indiqué le chef de l’État. Or, à ce stade, moins de la moitié des places disponibles à l’intérieur, moyennant un abonnement mensuel de Rs 4000, a trouvé preneurs.

Pravind Jugnauth a, en outre, annoncé un projet de « redéveloppement » pour la région d’Ébène, en vue d’améliorer la sécurité et le trafic, dont la construction d’un nouvel autopont. Grâce à cette nouvelle infrastructure, les automobilistes qui sortiront de Quatre-Bornes n’auront plus à emprunter le rond-point d’Ébène pour avoir accès à l’autoroute Terre Rouge/Verdun. De plus, les usagers sortant de Rose-Hill seront dirigés directement vers l’autopont, sans passer par le centre d’Ébène. Le PM a finalement annoncé la construction, au coût de Rs 514 millions, d’un World Class Technology Park à Cote D’or dont le concept sera échafaudé par la firme Lux Consult et Landscope Mauritius.