Les débats judiciaires autour du projet de Smart City Le Bouchon ont débuté mercredi devant le Tribunal de l’environnement. L’organisation environnementale Eco-Sud a déposé, le 1er novembre 2024, une demande devant l’Environment Tribunal afin de contester la licence d’Environmental Impact Assessment (EIA) accordée en octobre 2024 par le ministère de l’Environnement à Le Bouchon Development Company Ltd. Cette licence concerne la construction d’un hôtel de luxe de 200 chambres au Bouchon, présenté comme la première phase d’un projet de Smart City de plus grande envergure dans la région. Selon Eco-Sud, ce développement soulève plusieurs interrogations majeures sur le plan environnemental, social et réglementaire.
L’audition de cette affaire est très attendue par les collectifs écocitoyens, puisqu’il s’agit du premier recours contre une licence EIA examinée par l’Environment Tribunal depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation, l’Environment Act 2024, applicable depuis le 1er août 2024. Les prochaines audiences sont prévues pour les 13 et 24 février, ainsi que les 2, 5, 13 et 16 mars 2026, dates auxquelles différents témoins seront appelés à déposer.
Par ailleurs, Eco-Sud fonde sa demande sur 12 motifs principaux. Parmi ceux-ci figure, en premier lieu, la non-conformité du projet aux nouvelles exigences légales, notamment l’absence de licence de Strategic Environmental Assessment, alors que le projet s’inscrirait dans un ensemble comprenant plusieurs entreprises et infrastructures. L’organisation souligne également une intention déclarée du promoteur de ne pas respecter certaines conditions de la licence EIA, en particulier l’obligation de mettre en place une usine de dessalement, laquelle nécessiterait elle-même une licence EIA distincte.
De plus, Eco-Sud évoque des manquements dans le dossier soumis par le promoteur, notamment l’absence d’informations et de documents jugés obligatoires par la loi. L’organisation estime aussi que les zones écologiquement sensibles situées à proximité du site n’ont pas été correctement identifiées ni prises en compte. Elle met en cause l’évaluation des ressources en eau, jugée incomplète ou inexacte, ainsi que l’analyse globale des impacts potentiels du projet sur l’environnement, les populations et le tissu social local.
Enfin, la contestation porte sur l’insuffisante prise en compte des effets du projet sur la zone de réserve de pêche de Grand Port (Zone B) et sur l’absence d’une évaluation rigoureuse des impacts liés au changement climatique. À travers cette action, Eco-Sud entend faire clarifier l’application du nouveau cadre légal et renforcer les exigences en matière de protection de l’environnement dans les grands projets de développement. À savoir que le projet de Smart City est porté conjointement par Curzon Holdings (Mauritius) Ltd et le Sugar Investment Trust (SIT), à travers la société Le Bouchon Development Company Ltd.

