– Toutefois, le rendez-vous de Sotravic convenu à l »ICAC le jeudi, 10 septembre, pour sa version des faits reporté en fin de matinée hier

-L’ex-DG du Central Electricity Board, Shamshir Mukoon, entendu mercredi “under warning” sur les “material deviations” dans les appels d’offres de la centrale de Saint-Louis

En marge des développements dans l’enquête sur la Saint-Louis Gate, avec la bombe à retardement de Rs 700 millions, l’Independent Commission against Corruption (ICAC) s’attaque à l’ultime étape dans une autre affaire de l’ordre de Rs 100 millions pour le compte de la Central Water Authority (CWA).

La seule pièce à verser dabs le dossier est les explications de Sotravic, compagnie qui a bénficié de ce contrat. Cette enquête au sujet de l’allocation d’un contrat de remplacement du réseau d’adduction d’eau dans le sud-est de l’île « against legal advice » a déjà amené l’ancien directeur général Yousouf Ismaël, aujourd’hui secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie, à faire l’objet d’un interrogatoire “under warning” en début d’année.

Dans cette affaire, il est reproché à l’ancien directeur général de la CWA, Yousouf Ismaël, d’avoir « bypassed a Legal Advice », objectant à l’allocation de ce contrat avec des changements majeurs. D’autre part, outre la première inculpation provisoire de Bertrand Lagesse vendredi dernier, l’ICAC a interrogé formellement de nouveau l’ancien directeur général du Central Electricity Board, Shamshir Mukoon, sur les “material deviations” entre les deux appels d’offres, soit ceux de 2014 et de 2015, pour le projet de réhabilitation de la centrale de Saint-Louis, avec une différence d’au moins Rs 700 millions entre les deux étapes.

Lors de l’exercice d’appel d’offres initial pour ces travaux, il était spécifié que les matériaux à être utilisés devaient être aux normes d’Euro Steel. Dans sa cotation, Sotravic avait donné l’assurance être en mesure de fournir des tuyaux aux spécifications imposées par la CWA. Or, après l’allocation du contrat, Sotravic avait demandé « une variation majeure des spécifications » en vue de remplacer la norme Euro Steel par des tuyaux Jindal. Devant ce changement, la CWA devait prendre la décision de se couvrir avec un “Legal Advice”.
L’avis légal était que la raison derrière ce changement, soit des retards dans la livraison des tuyaux aux spécifications requises, ne pouvait être considérée comme étant une « force majeure », avec la recommandation que la CWA devait impérativement annuler le contrat alloué et procéder à un nouvel exercice d’appel d’offres avec les autres soumissionnaires. Or, tel n’a pas été le cas avec l’ancien directeur général de la CWA interrogé “under warning” par l’ICAC en début d’année au sujet du manque à gagner pour le compte de la CWA.

L’audition prochaine et reportée de Sotravic est présentée comme un point déterminant pour la suite de cette enquête initiée contre un autre corps para-étatique sous la tutelle de l’ancien Deputy Prime Minister et ministre des Utilités publiques, Ivan Collendavelloo. Le rendez-vous prévu pour aujourd’hui a été avorté à la dernière minute. Sur la base des informations et des réponses fournies par Sotravic, l’ICAC sera appelée à confirmer la marche à suivre à l’encontre de Yousouf Ismaël.

En ce qui concerne l’autre “on-going investigation” sur un autre corps parapublic de l’ère Collendavelloo, notamment la Saint-Louis Gate portant sur des “gratifications to Mauritian high officials through third parties”, l’ancien directeur général du CEB, Shamshir Mukoon, a été entendu pendant environ cinq heures à l’ICAC, hier. L’un des principaux points était axé sur les “material deviations” entre l’appel d’offres de 2014 et celui de 2015 de même que la différence de coûts de l’ordre de Rs 700 millions. Devant les explications fournies, vu qu’il a travaillé sur les deux cas, l’ICAC s’apprête à fixer un rendez-vous conjointement avec l’homme de loi de l’ex-directeur général du CEB, Me Zeeshan Rajani, pour la suite de l’exercice…