Ils sont 30 étudiants à avoir été retenus par l’université de Maurice (UoM) pour une maîtrise en intelligence artificielle. Une première pour cette institution de Réduit. Ce cours, d’une durée de deux ans, a débuté en novembre dernier et a été conçu par l’institution avec la collaboration du secteur privé et du Human Resource Development Council (HRDC). Par le biais de ce cours, l’UoM vise à produire des professionnels pouvant innover dans le domaine de la technologie.

« Ces étudiants ont un Background en informatique et sont déjà employés dans une compagnie dans la technologie. Ce programme permet aux étudiants d’aider leur entreprise à développer plus l’intelligence artificielle. C’est ce que nous manquons un peu », explique le Dr (Mme) Maleika Heenaye-Mamode Khan, Associate Professor du Department of Software and Information Systems à l’UoM. Depuis que les cours ont débuté, elle note un engouement de la part des étudiants pour développer davantage leurs compétences. La conception de ce cours, poursuit-elle, a été faite suivant un manque en intelligence artificielle dans le pays.

Ce cours répond également à la stratégie en intelligence artificielle du pays en 2018, visant à former les gens en intelligence artificielle. « Étant donné que nous n’avons pas ces compétences à Maurice, nous avons conçu ce cours. Nous avons eu des discussions avec des entreprises à Maurice pour que nous puissions connaître leurs besoins. En se basant sur ces derniers, nous avons conçu le cours sous l’Artificial Intelligence Scheme Development Support Programme du HRDC », ajoute-t-elle.

Le fonds de ce plan est utilisé pour sponsoriser les étudiants. Ce cours est sponsorisé à 100%. Le cours est co-financé par l’UoM et par le HRDC. Ces 30 étudiants sont tous des Mauriciens. Dr Maleika Heenaye-Mamode Khan conseille ainsi aux jeunes de se tourner vers la technologie, étant donné que tous les secteurs demandent une notion en informatique. « Ce secteur présente de l’avenir et un emploi est assuré. On peut devenir aussi entrepreneur et développer des solutions. Nous avons beaucoup de Freelancers qui développent des solutions de nos jours », dit-elle.

Elle ajoute également que plusieurs jeunes, n’ayant pas de notion en informatique, se tournent quand même vers ce secteur. Pour cette maîtrise, ils sont environ 200 applications reçues par l’UoM. Le cours est offert trois fois par semaine. Les étudiants partent en classe uniquement les samedis pour un “face to face”. Ils sont six chargés de cours qui sont concernés. Certains modules sont enseignés par des experts internationaux.
La chargée de cours note que les entreprises se tournent vers l’intelligence artificielle, étant donné qu’elles voient de l’intérêt à devenir plus efficiente, développer des logiciels et des solutions plus robustes. « À ce jour, les entreprises ont utilisé des solutions existantes et développées par des entreprises internationales. Mais ces entreprises locales, en utilisant ces logiciels, n’y ont aucun contrôle, car elles dépendent de ces entreprises. En développant leurs logiciels à Maurice, elles auront le contrôle et cela coûtera moins cher », dit-elle.

Acquérir des compétences de base

Prenant en considération les divers défis auxquels font face les entreprises, notamment du côté de la santé ou du transport, les solutions utilisant l’intelligence artificielle pourront soulager ces entreprises. Ce programme de MSc en intelligence artificielle a été minutieusement conçu pour permettre aux étudiants d’acquérir des compétences de base en analyse de données et de découvrir les aspects traditionnels et modernes de l’IA et de l’apprentissage automatique.

En outre, ce programme sera proposé en mode mixte (les modules seront proposés en combinant le mode face à face et le mode en ligne). Les professionnels de l’IA sont très demandés dans divers domaines, tels que l’agriculture, les affaires, la santé, la finance, les transports, l’énergie, le développement de logiciels et les neurosciences. L’intelligence artificielle permet aux ordinateurs et aux machines de réaliser des tâches qui nécessitent, d’ordinairement, l’intelligence humaine.

L’intelligence artificielle stimule les processus de l’intelligence humaine en combinant de grands volumes de données, l’apprentissage automatique et la puissance de calcul, avec des algorithmes aptes à résoudre les problèmes. Ses applications vont des robots jouant aux échecs et des voitures autonomes aux systèmes de reconnaissance vocale, de traitement des images et du langage, de conception robotique et de surveillance.
Le programme vise à fournir une solide connaissance des concepts clés de l’IA, encourager les étudiants à découvrir les derniers outils et techniques dans ce domaine, nécessaires pour élaborer, construire et appliquer des systèmes d’IA pour des applications réelles dans le cadre de projets collectifs et individuels. Après avoir terminé ce programme, les étudiants devront être dotés de compétences dans les domaines suivants : la création d’applications utilisant l’apprentissage automatique et l’analyse de données. Le développement d’outils logiciels utilisant des algorithmes d’IA avancés et l’application des solutions d’IA aux problèmes actuels de la société/du secteur des technologies de l’information et créer leurs propres entreprises dans le domaine de l’IA.

« Très novateur et ambitieux »

Jeyveen Bhoyroo, un parmi les 30 étudiants qui ont été retenus pour cette maîtrise, estime que « c’est un programme très novateur et ambitieux ». Il se réjouit des connaissances qu’il gagne depuis qu’il a commencé ses études. « Cette maîtrise en intelligence artificielle est un programme très novateur et ambitieux. Ce cours a ouvert les portes d’un nouveau monde et me permet de comprendre les complexités de l’intelligence artificielle : ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas et les opportunités et les défis qui y sont associés », explique ce jeune homme.

Selon lui, ce cours offre une solide connaissance des concepts clés. « Dans le domaine de l’IA, l’application pratique est essentielle. Un master en IA permet d’acquérir une solide base de connaissances théoriques sur les différents modèles de ML, mais ne se traduit souvent pas par une application pratique », révèle-t-il. Jeyveen Bhoyroo fait ressortir que ce programme dynamique tient en compte l’industrie. « Nous sommes encouragés à effectuer nos tâches sur des problèmes réels et/ou, le cas échéant, dans le cadre de nos emplois respectifs, et notre projet de dernière année sera réalisé en collaboration avec l’industrie », dit-il.

Le professionnel avance qu’il existe aussi un équilibre entre les chargés de cours et les experts internationaux, permettant d’avoir une perspective différente sur le sujet. « Je me réjouis d’apprendre davantage sur l’IA dans le cadre de ce master à l’UoM et sur la manière de l’utiliser pour résoudre des problèmes dans la société ou dans le secteur des TI ou pour optimiser des solutions existantes », conclut-il.