Depuis que la COVID-19 a fait son apparition, l’adoption de la technologie a été accélérée dans différentes institutions tertiaires. Les cours sont offerts virtuellement, de même que des cérémonies de remise de diplômes. De ce fait, les processus changent pour intégrer la technologie. Cette réalité est acceptée par l’Université de Maurice (UoM) qui s’est postulée dans la transformation digitale de ses processus et de son système d’enseignement et d’apprentissage. Or, pour l’institution tertiaire de Réduit, sa transformation numérique ne veut, en aucune manière, faire de l’université une Distance Learning ni une Online University.

Selon le Pro-VC (Planning and Resources) de l’UoM, Mohammad Issack Santally, l’Université de Maurice s’est engagée dans la transformation numérique de ses processus et son système d’enseignement et d’apprentissage en ligne avec la mise en place du Learner-Centred Credit System (LCCS). « Ce LCCS se focalise sur l’accroissement des compétences du XXIe siècle et de promouvoir un développement holistique de l’apprenant pour mieux faire face aux défis de l’environnement moderne du travail. Le monde moderne du travail est global et dépend grandement de la numérisation et des besoins d’un éventail de compétences totalement nouveau qui ne se focalisent pas sur les connaissances académiques de base, mais aussi sur les compétences non techniques, telles que la communication et la personnalité, ainsi que la culture numérique », explique-t-il.

Selon Mohammad Issack Santally, avec la COVID-19, nous avons assisté à une poussée sans précédent et à une adoption inattendue de la technologie. « L’université a toujours été engagée dans la perspective et la réflexion sur l’avenir et la direction, depuis son entrée en fonction en 2017, s’est efforcée d’accélérer la transformation et l’apprentissage numériques afin d’améliorer l’expérience des étudiants et la qualité de ses prestations éducatives », dit-il.

La transformation numérique se déroule en différentes phases et vise différents aspects liés au fonctionnement d’une organisation. Elle doit se faire par étapes en fonction des domaines prioritaires et de la réingénierie des processus qui permettront d’améliorer la productivité et l’efficacité. « L’université a récemment mis en place le système e-Support qui est conçu pour améliorer une partie du système d’examen et pour s’assurer que les étudiants sont bien informés. Grâce à ce système, l’université améliorera ses mécanismes d’assurance qualité en s’assurant que les étudiants recevront les Module Specification Sheets et la structure des examens au début du semestre », dit-il. Cette transformation veillera également à ce que les universitaires et les chargés de cours à temps partiel soumettent les papiers d’examens à temps, et elle réduira au minimum et, dans certains cas, éliminera certaines procédures administratives, notamment l’utilisation excessive de papier. « Nos comités statutaires tels que le Sénat, le Staff Committee et le Council font déjà la promotion du concept des réunions sans papier », indique Mohammad Issack Santally.

En ce qui concerne l’apprentissage numérique, il avance que la formation est en cours, tant sur les aspects techniques que sur la conception de l’apprentissage, et les réactions et commentaires ont été très positifs. « Le comité de mise en œuvre, qui se compose également de membres des syndicats, dont des étudiants, le personnel et des représentants de chaque faculté, travaille dans une atmosphère cordiale. Nous améliorons notre infrastructure informatique, nous étudions les équipements qui faciliteront l’organisation de conférences virtuelles et nous veillons à ce que notre approche soit inclusive. Le comité accorde également une attention particulière aux étudiants nécessiteux afin de trouver les moyens de réduire la fracture numérique », ajoute le Pro-VC.

Or, la transformation numérique de l’UoM a aussi été sujette à des questions. « Ce n’est pas l’objectif de la direction de transformer l’UoM en un Distance Learning ou une Online University », soutient le Pro-VC. L’idée, pour lui, est de tirer parti des technologies numériques pour améliorer nos processus, réduire la bureaucratie et offrir aux étudiants une expérience éducative moderne et pertinente qui les rendra mieux armés pour travailler dans un environnement de travail mondial et numérique. « Nous sommes pleinement conscients qu’il y aura des champions, des adeptes précoces de la technologie, des adeptes lents, des réticents, des opposants et des mécontents. C’est la tendance normale lorsqu’un changement est proposé. Nous ne négligeons pas cet aspect qui est très important pour la transformation numérique : l’Humanware », dit-il. Il fait de plus ressortir : « Nous faisons tout notre possible pour être flexibles, accommodants et pour leur apporter tout le soutien nécessaire. Nos collègues du Centre for Innovative Lifelong Learning and Centre for Information Technology and Systems nous soutiennent dans cette entreprise. »