• L’UMASU envisage une action légale après la réunion convoqués aujourd’hui

Les contrats du vice-chancelier et des deux pro vice-chanceliers de l’université de Maurice, qui arrivent à terme en mars et avril respectivement, ont été renouvelés pour un an, hier après-midi, lors d’un “Special Council” tenu à l’institution.

Cette décision est très mal perçue et accueillie par l’University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU) qui s’attendait à ce qu’un appel à candidatures local et international soit lancé pour les trois postes. Une action légale est envisagée par les syndicats de cette institution tertiaire de Réduit.

Le renouvellement d’un an du contrat de Dhanjay Jhurry, vice-chancelier et de Sanjeev Sobhee, pro vice-chancelier (Academia) et Mohammad Santally (Planning & Resources), a été communiqué officiellement après la réunion du conseil tenue sous la présidence de Preeaduth Chitamun.

Contacté pour une réaction après cette réunion spéciale, l’un des principaux intéressés a soutenu que le travail accompli par l’équipe a convaincu ceux qui ont pris la décision d’accorder encore un an au contrat.

« J’accueille la décision du conseil. Je remercie le conseil d’avoir renouvelé sa confiance dans le travail que j’ai fait pendant quatre ans. Nous avons travaillé comme une équipe soudée. Au cours de ces derniers quatre ans, nous avons soumis un rapport détaillé chaque six mois sur notre accomplissement. Sans le soutien du personnel et les membres du conseil, on n’aurait jamais pu faire progresser l’institution », a déclaré le pro vice-chancelier (Planning & Resources).

Selon lui, depuis que cette équipe a pris les rênes de l’institution, plusieurs mesures et actions ont été prises et ont apporté des résultats positifs s’agissant des étudiants et des employés de l’institution, surtout en période de crise sanitaire.

Or, la décision de renouveler les contrats du vice-chancelier et des deux pro vice-chanceliers n’est pas vue d’un bon œil par un membre du conseil qui était présent aux délibérations. N’ayant pas donné son aval lors de cette prise de décision, il a dit avoir ses raisons.

« Ce renouvellement ne montre aucune transparence. Ces trois postes auraient dû être lancés à nouveau. L’UoM aurait dû donner l’exemple. Les trois concernés pouvaient postuler à nouveau », a soutenu ce membre. Selon ce dernier, il craignait le renouvellement de ces trois contrats à cause de la pression politique.

Et d’ajouter : « Il y a même un membre du sous-comité qui se plaint souvent de la performance du vice-chancelier. Mais malheureusement, il a dû s’aligner sur la décision de la majorité ».

Pour ce membre, cette réunion du conseil n’aurait pas dû se tenir aussi rapidement. Il faut, dira-t-il, tenir compte les statuts de l’UoM qui stipulent que tous les documents du “statutorial committee” comprenant l’agenda doivent être circulés sept jours en avance. Mais pour lui, cette règle n’a pas été respectée. S’agissant des évidences qu’il fallait produire devant le sous-comité qui doit se pencher sur le renouvellement du contrat, il en ressort que les trois critères établis pour cet exercice ont obtenu plus de 85%. « C’est une performance plus qu’excellente », dit-il d’un ton moqueur.

Sa réaction n’a pas tardé suite au renouvellement du contrat du vice-chancelier et des pro vice-chanceliers. Le président de l’UMASU, Rajen Narsinghen envisage une action légale après la réunion qui se tiendra ce mercredi entre l’UMASU, l’University of Mauritius Staff Union et l’Union des Étudiants. « Ce sera une action légale, soit devant la cour industrielle ou une “judicial review”. Nous avons pris contact avec nos conseillers légaux », a-t-il dit.
Pour ce Senior Lecturer, un appel à candidatures aurait dû être lancé localement et internationalement afin de permettre aux professeurs locaux et internationaux de postuler.

« Ainsi, les meilleurs auraient été choisis. Ces postes nécessitent des “role models” », a-t-il dit. Pour lui, les étudiants et les chargés de cours sont recrutés à travers un exercice transparent, et il estime qu’il n’est pas possible pour ces trois postes d’être renouvelés de cette manière. Rajen Narsinghen refuse le fait que Dhanjay Jhurry, Sanjeev Sobhee et Mohammad Santally ont eu une « excellente performance » pour que leur contrat soit renouvelé. Mais pour lui, le renouvellement du contrat pour un an au lieu de trois ans montre que leur performance « n’est pas exceptionnelle ».

Et d’avancer que depuis que le vice-chancelier et les deux pro vice-chanceliers ont pris leur poste, « la gestion de l’UoM a empiré ». Il a cité ainsi la dégringolade du classement de l’établissement, des investissements sans aucun retour. Il est à noter que trois membres du conseil n’ont pas voté pour le renouvellement du contrat du vice-chancelier et des deux pro vice-chanceliers.