Soudain, un cri se fait entendre au loin. « Pa ti bizin fer elektion! Nanye pa pou sanze », lance Rajoo, maçon de 39 ans, qui travaillait sur un chantier.

Les villages de Bananes et Cluny sont perdus entre montagnes et champs de canne dans le district de Grand-Port. Il y fait bon vivre, affirment les habitants croisés en route. Toutefois, avec l’annonce des élections villageoises annoncées au 22 novembre, « bizin sanzman ek developman », affirment-ils.

Des maisons, un shivala, des plantations de légumes, un jardin d’enfants, des boutiques, un hall, une vue rafraîchissante sur la nature… Et on a quasiment fait le tour.

Raison pour laquelle les habitants déplorent une absence d’activités et de développement. « Bizin ranz enn sant pou bann zenn ek madam ki pa travay. Bizin developman », réclame Karen, une habitante de la localité.

La plus grande attraction du coin : le site d’Eau-Bleu, à Cluny. Une cascade qui s’écrase dans un bassin d’un bleu intense, particulièrement prisé des Mauriciens et touristes pour son aspect carte-postale. Ce lieu presque secret n’est accessible qu’à partir d’un sentier qui longe des bois épais que seuls les initiés savent repérer.

Plus loin, Anjalee attend des clients. Ses succulents rotis et gato delwil sont exposés dans une vitrine. « Il faut plus d’activités pour les enfants et les femmes d’ici », confie-t-elle. Ainsi évoque-t-elle le souhait qu’un parc soient aménagé afin que les femmes de la région puissent s’y détendre et faire leur jogging dans l’après-midi après le travail.

Jayanti, elle, a quitté St-Hubert pour vivre ici avec son mari. « Li enn landrwa tranki ». En effet, comme le font remarquer des habitants, « pena sanzman ek pena magazin ».

Selon Jayanti, Bananes manquerait également d’une école maternelle ou primaire. Pour l’heure, disent des habitants, leurs enfants doivent se rendre dans les écoles de Cluny. « Ek tou demars bizin ale fer Rose-Belle ».

Gundev, quant à lui, dit chérir beaucoup à sa localité. Cela fait 82 ans qu’il vit à Cluny. Pour lui, les années passent et se ressemblent. « Tou res parey » si ce n’est pour la culture de légumes.

Il nous raconte qu’auparavant, cet endroit regorgeait de plantations de riz. « Aster inn abandone ».

Désormais, le village accueille la culture hydroponique de légumes, des champs cannes à sucre et des plantations de fleurs. « La plipar dimounn labourer isi », fait ressortir Sobha,  propriétaire d’une boutique du coin, qui a quitté le nord pour s’installer dans le sud de l’île.

« Nanye pa pou sanze », explique le maçon Rajoo. « Nou vilaz netwaye zis kan ena Cavadee, zis kan ena Ganesh Chaturthi lerla netway larivier. Bizin met ban zenn ki pou travay pou nou vilaz. Nou vilaz pena developman ditou », déplore-t-il.

« Aménagez un gymnase pour les jeunes! », réclame-t-il.