Le combat contre la violence basée sur le genre semble difficile pour le gouvernement. Aussi recherche-t-il désormais la collaboration du Conseil des religions. Un “information pack” a été lancé jeudi matin à l’hôtel Labourdonnais au Caudan lors de l’ouverture d’un forum inter-religieux organisé en collaboration avec le Conseil des religions.

Invitant le Conseil des religions à aider le gouvernement dans l’élimination du “gender-based violence”, Kalpana Koonjoo-Shah, ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, a soutenu que le combat contre la violence basée sur le genre « n’est pas le travail seul du gouvernement ». Elle s’est réjoui que le Conseil des religions ait accepté d’accorder son soutien en répondant rapidement à l’invitation du gouvernement.

La ministre a expliqué que le gouvernement travaille déjà avec les chefs religieux et que ces derniers sont les premières personnes qui sont approchées par les victimes de violence domestique. Et pour aider ces chefs religieux, des informations leur sont communiquées. À travers cette collaboration, elle espère que de « grands pas » seront faits en avant contre la violence sur le genre.

Lors de ce forum, elle est aussi revenue sur le plan d’action et de la stratégie nationale contre la violence basée sur le genre lancé en 2020. Elle a dit regretter que la violence basée sur le genre ait pris de l’ampleur à Maurice et soit aussi un problème important au monde. Le Covid-19 a davantage aggravé la situation, selon elle. Et à Maurice, durant le confinement de 2020, une augmentation des cas de violence domestique a été observée. Kalpana Koonjoo-Shah reconnaît que la bataille contre la violence basée sur le genre « est un long parcours ».

Elle a souligné le rôle important des chefs religieux et leur demande d’utiliser leurs messages d’unité et de paix pour que les cas de violence soient réduits.
Philippe Goupille, président du Conseil des religions, est d’avis que la violence contre les femmes et les jeunes filles est un domaine qui relève de la responsabilité de toute la société, et surtout des chefs religieux. « Car un gouvernement seul ne pourra pas éliminer ce fléau. Nous avons besoin de la collaboration de tout le monde », a-t-il dit. Il s’est réjoui que le Conseil des religions soit « intimement » associé à cette initiative du ministère. Et d’ajouter : « Nous allons travailler au maximum pour prouver que Dieu ne veut pas de la violence contre les femmes et les jeunes filles. Dans toutes les religions, Dieu ne veut pas de cette violence. Nous devons travailler la main dans la main, apporter notre collaboration pour changer cet état désastreux à une bonne partie de la population. »