La crise sanitaire ayant plongé bon nombre de Mauriciens dans la précarité alimentaire, de nombreuses ONG se mobilisent afin de soutenir les personnes les plus fragilisées. A Tamarin, le Charity Centre, fondé en 2013 par une Sud-Africaine et une Autrichienne, aide les plus démunis à faire face à leur difficile quotidien en cette période de confinement.

Engagé depuis 2013 dans la lutte contre la précarité, le Charity Centre est de plus en plus sollicité pour assurer la couverture des besoins alimentaires des familles. Surtout celles de la région de Rivière-Noire: Tamarin, Petite-Riviere-Noire, Case-Noyale, La Gaulette, Coteaux-Raffin. Mais aussi ailleurs. “Nous recevons également des demandes d’aide de différentes régions à travers les réseaux sociaux ou par téléphone”, nous dit Rose Tosello, l’une des bénévoles. Celle-ci, une Italienne installée à Maurice depuis 2006, fait partie des plus anciens membres.

Ainsi, en ce qui concerne le confinement actuel, le centre a sponsorisé 29 colis alimentaires pour des familles de Tamarin, 15 pour le Kolectif Riviere-Noire, des packs pour les 18 résidents du Cheshire Home et des packs pour bébé et couches pour des nourissons à travers l’ONG Pont-du Tamarinier. “Nous recevons aussi quotidiennement du pain et des viennoiseries de la boulangerie Le Fournil, à Rivière-Noire, que nous distribuons dans différents villages”, dit-elle.

C’est dans leur boutique à Tamarin que les dons non alimentaires sont mis en vente. Afin de recueillir de l’argent pour soutenir les différentes associations à travers l’île, mais suite à ce confinement imposé, le Charity Centre de Tamarin a dû changer son mode de fonctionnement afin d’assurer la continuité de ses actions et d’aider les plus démunis à faire face à leur quotidien difficile. “Depuis le confinement, la partie vente est fermée. Cependant, on reste actifs pour ce qui est de la réception des dons. On essaie de donner un soutien économique aux différentes ONG avec lesquelles nous travaillons. Les difficultés sont liées au fait qu’on n’a pas reçu de WAP et la plupart de nos volontaires ont des enfants à la maison, et par conséquent, moins ils ont moins de temps disponible”, nous dit Rose Tosello.

Aide sociale et le souci aussi de l’environnement
Depuis sa création, le Charity Centre s’est donné pour mission d’encourager les initiatives en faveur des personnes les plus démunies, en soutenant diverses ONG. Ainsi, il a participé à plusieurs projets, parmi lesquels la fourniture de sacs et matériels scolaires pour 130 enfants à Community of Bel Ombre ou encore un soutien aux activités extra scolaires à Ti Rayon Soleil, scolarisation et transfert à travers Anges du Soleil. Le centre s’est également intéressé aux actions menées par d’autres ONG, par exemple pour l’aménagement d’une aire de jeux à Roches-Brunes pour un refuge pour enfants. Il a également aidé pour l’achat de vélos et de différents matériels pour le Club Cycliste de Tamarin.

Dans cette région, il a oeuvré en relation avec Cheshire Home de Tamarin en fournissant aux personnes handicapées des sièges spéciaux pour la douche, des draps et couches. Tout comme Passerelle en offrant des matelas pour les résidentes. Le Charity Centre a également travaillé avec le Mouvement d’Aide à la Maternité (MAM) de Rivière-Noire en offrant des packs pour bébé ainsi que des articles de première nécessité pour des jeunes maman. A part l’aide sociale, l’environnement est aussi un domaine qui leur tient à coeur. Ainsi, il soutient financièrement We Recycle en sponsorisant la moitié de la somme nécessaire pour l’achat d’un déchicteurs pour le recyclage du plastique, et travaille aussi en collaboration avec BEM pour le recyclage du e déchets : du materiel électrique et electronique.

Le Charity Centre de Tamarin est né du souhait d’aider les plus nécessiteux ainsi que les animaux tout en oeuvrant pour la cause environnementale. “A la création en 2013, nous étions à quatre: deux volontaires, dont moi-même et les deux membres fondatrices, Bev Mietz, une Sud africaine et Corinna Durocher, une Autrichienne (elles ne vivent plus à Maurice). Peu à peu, des bénévoles s’y sont joints,  des personnes de tous âges, de différentes nationalités, de différentes régions à travers l’île”, nous dit Rose Tosello.
Grâce aux dons publics

En temps normal, les journées commencent en à 8h, la boutique étant ouverte de 9h à 15h. “Nous sortons tous les articles. Nous les installons sur des étalages. L’équipe du jour s’occupe des différentes tâches, comme remplir les étalages tout au long de la journée, mettre en magasin les nouveaux articles, tenir la caisse, faire le tri des nouveaux dons… En fin de journée, nous mettons tout en boîte”, explique la bénévole d’origine italiennne. Le centre fonctionne grâce aux dons publics. “N’importe quel objet (vêtements, jouets, chaussures, accessoires, objets décoratifs, ustensiles de cuisine, linges de maison) que les gens n’utilisent plus peut être déposé chez nous. On s’occupe de faire le tri et tout article en bon état est mis en vente à petit prix. Ce qui n’est pas vendable est utilisé pour des projets de recyclage ou donné à d’autres associations qui distribuent aux plus vulnérables. Les profits sont entièrement reversés aux différentes associations avec lesquelles nous travaillons pour soutenir des projets liés à l’éducation, l’aide aux personnes handicapées, etc”.

Depuis le confinement, le centre a ajouté différents projets à son portfolio, comme le soutien alimentaire pour les plus vulnérables, mais aussi pour les animaux errants. “Notre soutien pour la cause animale est axé principalement sur les campagnes de stérilisation. Avec cette situation difficile, les chiens et les chats errants ont peinent à se nourrir. Donc, on a ajouté des fonds pour la nourriture. Nous sponsorisons PAWS, RAID, Well Being of Strays, ALM, Indie’s world, Happy Tails, Healing Hearts Sanctuary, entre autres, et l’on a mis en place un système de bons avec un vétérinaire de Tamarin pour couvrir les frais de stérilisation ou les soins d’urgences pour les habitants de la région qui n’ont pas les moyens de stériliser leurs animaux. Au début, on couvrait principalement l’Ouest, mais maintenant on arrive à aider dans d’autres endroits de l’île”, dit-elle.