Ils étaient au départ 206 jeunes à vouloir se démarquer au concours de Zenes Montre To Talan-Depi Lakaz, avant que le jury n’en retienne que 39 pour arriver avant d’en choisir 12. Jeudi soir, il régnait une belle animation au Stade de Côte D’Or National Sports Complex, St-Pierre. Parents, amis s’étaient massés pour venir soutenir les participants qui ont fait preuve d’audace et de bravoure pendant le confinement. C’est en pleine période de COVID-19 qu’il y a eu une éclosion de talents en danse, chant et surtout en voltige avec Lou Roguet, âgée de 12 ans, qui a épaté l’assistance et qui a décroché la troisième place. La 1st Runner Up est Coralie Calou et la grande gagnante est Jaanavee Aklu.

Jaanavee Aklu, âgée de 21 ans s’est distinguée grâce à la danse, Coralie Calou par le slam, danse et rap, et Lou Roguet par la voltige. La “Girl Power” en force, chacune ayant remporté la somme de Rs 50 000, Rs 40 000 et Rs 30 000 respectivement. Difficile de mieux faire avec le peu de moyens qu’il y avait durant le confinement, et, pourtant, face à la vidéo qu’ils ont eue à faire, les 12 participants ont su, chacun à sa manière, défendre leur technique de danse et de chant.

Se présentant comme les “Zenes” de 1 à 12, les nominés étaient Coralie Calou, Jean Kevin Armand, Kimberley Catelina Nanon, Jordan Delettre, Lou Roguet, Steven Spéville, Benoît Berthelot, Joanita Martin, Rahul Sheermal Suntah, Kalaivanee Curpen, Jean Michel Arthur et Jaanavee Aklu. Passionnés, ils ont jusqu’au bout tenu la gageure, certes il n’y a pas eu les couacs du direct, le tout étant filmé en confinement, ce qui a donné un bon rendu via vidéo projection grand écran et en live streaming sur Facebook. Un concours qui a été rendu possible grâce au ministère de l’Autonomisation de la jeunesse, des Sports et des Loisirs, avec le partenariat de la Mauritius Film Development Corporation.

Fabien Hector, Adviser on information matters Ministry Of Youth Empowerment, Sports and Recreations, explique que le concours Zenes Montre To Talan-Depi Lakaz a démarré au mois de mars, avec pour idée que chacune des auditions se passe dans chaque région de l’île comme ce fut le cas présentement pour la première édition. Cette année, la première audition s’est passée à Flacq avant la crise sanitaire qui a chamboulé les projets mais qui a poussé les jeunes à se réadapter dans un tout autre contexte, d’où le concept Zenes Montre To Talan-Depi Lakaz.

En trois minutes, à travers des vidéos, les jeunes se sont démarqués. Difficile de faire un choix judicieux dans cette kyrielle de postulants, chacun y mettant du sien comme dans une joute de battle. La petite Lou Roguet de par son âge, 12 ans, et sa dextérité en voltige à dos de cheval a le plus impressionné. La technique, sortant de l’ordinaire, tranchait sur les autres concurrents. Subtil, tout en douceur, Lou a mis en relief un style d’art pas si facile à apprivoiser à dos de cheval, mais qui mérite au final des applaudissements. Ce que l’on retient de cette deuxième édition, c’est le contexte du confinement qui, au lieu de décourager les artistes, les a plutôt incités à donner le meilleur d’eux. On retient aussi au passage la fluidité des mouvements de doigts de Rahul Sheermal Suntah à jouer du piano.

Certes, le temps semblait long dans la salle de Côte D’Or National Sports Complex, St-Pierre avant la délibération du panel de jurys composé de Yousoof Elahee, Gérard Louis, Véronique Marisson, Techree Beeharee et Vivek Koyela, qui avait la tâche ingrate d’élire trois parmi les 12. Le public était aussi appelé à faire son choix et 25% du vote leur ont été accordés, alors que les 75% autres étaient destinés aux membres du jury pour l’évaluation des talents.

Au final, comme l’a clairement fait ressortir Stephan Toussaint, le ministre de la Jeunesse et des Sports, « zafer-la so ». Il ajoute : « Je n’aimerais pas être à la place des candidats, mais je tiens à remercier ces jeunes qui sont l’avenir de Maurice et de dire aux 12 finalistes qu’ils sont tous gagnants ce soir. » Il a au passage annoncé que les 12 concurrents participeront à toutes les activités organisées par le ministère, tout en étant présents aux événements de Horizon Paris placés sous la tutelle de Dominique Filleul, projet qui vise à encadrer les athlètes mauriciens vers les Jeux olympiques 2024, à Paris. Le ministre a de même rappelé que les jurys régionaux ont eu la délicate tâche au départ pour retenir sur les 39, 12 finalistes. Pour rappel, Jaanavee Aklu et Coralie Calou se sont distinguées auprès du vote du public.

Jaanavee Aklu, le talent récompensé
Jaanavee Aklu n’a que 21 ans et ignorait que sa danse fusion allait la conduire au sommet de la gloire. La gymnastique, c’est aussi son rayon, et utilisant son imagination, elle a su séduire par sa chorégraphie, son style, mais surtout par sa présence enjouée. Étudiante à l’Université de Maurice, cette habitante de St-Julien s’exerce depuis trois ans dans la filière de la danse. Son appréhension reposait sur son examen en French and Creol Studies, avec en tête de devenir écrivain. « J’ai déjà mon compte Instagram, où j’écris en créole et où j’encourage d’autres jeunes à me suivre. Le confinement a bousculé nos habitudes et m’a permis cependant de me remettre à la danse et de participer au concours Zenes Montre To Talan-Depi Lakaz. Pa ti pe expekt premie pri Rs 50 000. Je dis aux jeunes de ne pas avoir peur d’affronter la scène, de venir de l’avant et de mettre en relief leur créativité », dit-elle.

Coralie Calou : « Le slam me permet de m’extérioriser »
1st Runner Up, Coralie Calou, 17 ans, est une jeune pétillante de vie en Form V au Collège Notre Dame. Elle explique avoir été réticente à participer au concours dans un premier temps, mais, qu’avec les encouragements de son père, elle a pu faire une fusion de slam, de chant et de rap. « J’ai combiné le tout pour parler du racisme. J’aurais préféré le faire en Live And Direct mais le confinement en a décidé autrement. Le slam me permet de m’extérioriser, je n’aime pas trop qu’on me coupe quand je parle », dit-elle. Son talent, Coralie la dédie à feu son grand-père Alex Calou, guitariste, son père Arnaud connu comme Ton Rolo, humoriste et animateur. Elle a aussi une pensée pour sa mère Priscilla, coiffeuse et esthéticienne. Coralie rêve de voyager pour pouvoir exprimer son art à travers le monde et surtout parler du racisme pour réveiller les consciences qu’il est temps de se donner la main. Sa consécration, elle la dédie à sa filleule Caïlee Corentin, qui vient de naître.

Lou Roguet : « Ma victoire est pour ma coach »
Âgée de 12 ans et élève à l’École du Nord, Lou Roguet a démarré l’équitation à un jeune âge, tout en étant une pro de la voltige. Pour elle, c’est une satisfaction d’avoir obtenu ce troisième prix qui lui a permis de mettre en avant un art méconnu pour certains. « C’est une manière de valoriser ce sport et d’encourager d’autres jeunes de mon âge à s’adonner à cette discipline », dit-elle. La première chose en tête pour la petite Lou est d’inviter sa coach à un déjeuner pour savourer son succès.