Créatrice de bijoux artisanaux, Virginie Manne Djeddi évolue dans un univers qui lui permet d’avoir du succès auprès de sa clientèle. Son entreprise, Zinnie Creations, dévoilée sur les réseaux sociaux, se fait un nom. Et l’artiste dira que ceux-ci lui ont permis d’augmenter ses ventes. Avec le Covid-19 qui bat son plein, Virginie se réinvente à travers ses collections tout en mettant en exergue le savoir-faire local.

Parmi la kyrielle de bijoux qu’elle façonne à sa manière, Virginie se sent plus attirée par la fabrication des boucles d’oreilles. Pour compléter sa panoplie, elle fait aussi des chaînes pour lunettes, des barrettes et des masques, indispensables en cette période de COVID-19. En ouvrant les portes de son entreprise, en 2019, raconte Virginie Manne Djeddi, elle avait déjà un travail à plein-temps, et Zinnie Creations représentait un « side business ». En mars 2020, poussée par la passion et à la demande des clients, elle décide de s’investir dans la promotion de sa marque. Sa première création, un bracelet en acier inoxydable rehaussé de pierres semi-précieuses et portant le prénom de Rachel, séduit. Fière de son succès, Virginie s’accroche à son violon d’Ingres en y mettant à la fois du temps, de l’énergie pour diversifier ses produits.

À 29 ans, grâce à un parcours de presque deux ans comme Fashion Designer, Virginie Manne Djeddi peaufine son savoir-faire en travaillant pour une grande usine de textile. Les contraintes sur le plan de la création l’empêchent cependant à un certain moment d’explorer son talent. Après des moments d’hésitation, de doute, elle décide de franchir le pas et de se mettre à son propre compte. L’idée fait mouche et permet à la jeune femme entrepreneur de voler de ses propres ailes et de donner libre cours à son imagination.
Sa technique de travail, elle la calque sur ses talents d’artiste, jonglant sans cesse avec ses palettes de couleurs et de formes en rapport avec ses thématiques autour de ses bijoux.

Elle raconte que lors de la fête de l’Indépendance, elle s’est concentrée sur deux palettes de couleur, dont les tons bleus « représentatifs de nos plages luxuriantes mêlés aux couleurs de la terre de Chamarel ». Pour la fête des mères, elle va plus loin, en choisissant le nacre pour bien mettre en évidence « ce côté Mother of Pearl de notre île ». Le résultat est surprenant, car Virginie parvient à donner à cette parure des teintes oscillant entre des tons bleu vert, nacrée avec des formes douces et dentelées pour rappeler l’effet de la mer qu’elle rehaussera avec des coquillages. « J’essaie de communiquer une énergie à travers chaque collection et palette de couleurs. C’est ce qui, à mon avis, accroche le regard de mes clients. »

Pour véhiculer son art, en pleine pandémie de COVID-19, Virginie relate que lors de la première vague, elle s’est retrouvée avec beaucoup de temps libre et des matériaux à portée de main, lui permettant de créer de multiples objets. « J’ai essayé de prendre le plus de commandes possible, jusqu’à épuisement du stock. Quand la deuxième vague a frappé, j’étais mieux préparée. J’avais tout mon matériel et beaucoup de temps. Je suis restée connectée sur les réseaux sociaux, je postais des “stories” tous les jours. J’ai fait des sondages, des jeux concours pour garder autant que possible mes “followers” engagés. À la femme entrepreneur, je dis : Ne sous-estimez pas la force des réseaux sociaux. »

L’apport de la pâte polymère

Virginie Djeddi a une foule de projets en tête et pense en premier lieu à exploiter des matériaux plus solides, qui ne changent pas de couleur et qui ne provoquent pas de réactions allergiques. Sur le plan purement artistique, elle pense opter pour de nouvelles techniques tout en restant fidèle au style de sa marque. Parmi un de ses produits best-sellers, il y a le “Nagini”, des boucles d’oreilles en forme de serpent. « Les boucles en forme de serpent sont assez communes et sont très populaires en ce moment. Ma touche personnelle qui démarque mes serpents des autres est une lune croissante en brass. J’ai plusieurs variations de boucles de serpent, mais les Naginis sont ceux qui se vendent le mieux et dont le stock est vite épuisé. »

Virginie est aussi très versée dans la fabrication de bijoux en pâte polymère, sorte de pâte malléable et polyvalente qui, une fois mélangée et façonnée, donne des possibilités infinies sur le plan de la création. Une fois cuite au four, la pâte polymère durcit et devient très solide, tout en restant un peu souple. En quoi les produits de Virginie diffèrent-ils de ceux des autres femmes entrepreneurs ? À cela, Virginie répond : « Je crée mes propres couleurs en les mélangeant, en faisant des essais, des recettes, avant de trouver les tons qui me conviennent. Je garde mes créations assez simples et pas trop chargées. Des formes venant de cutters que j’ai moi-même bricolés pour certains modèles. »

Actuellement, elle a pour projet de déménager et ne prévoit pas de collections dans l’immédiat. Elle se réjouit de la vente de ses produits malgré le COVID-19, et cela même s’il lui est difficile d’importer des matières premières avec les frontières qui sont fermées. « Les prix sont montés en flèche, je ne fais que m’adapter à la situation en utilisant beaucoup de matériaux locaux. Adaptation et innovation sont les mots-clés pour arriver à surmonter cette phase de COVID-19. »Virginie dira que les réseaux sociaux sont l’unique moyen qui offre une visibilité à ses produits.