– Des habitants de la circonscription du ministre Kailesh Jagutpal veulent être rassurés sur la présence ou non du variant indien

Tyack, village incontournable de Rivière-des-Anguilles/Souillac (No 13) des ministres Kailesh Jagutpal et Renganaden Padayachy, s’apprêtait à sortir de la zone rouge le 21. Mais les cinq derniers nouveaux cas positifs à la COVID-19 recensés dans ce village sont venus jeter le doute et ajouter l’angoisse au quotidien. Cette nouvelle est venue raviver les appréhensions dans la région, car le premier cas enregistré samedi dernier concerne un employé, affecté au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, qui était de service le jour du vol en provenance de l’Inde. Le fait que le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, ait finalement confirmé qu’il y avait deux cas positifs sur ce vol provoque la panique. Les habitants de Tyack veulent des garanties des autorités concernant le variant indien et s’attendent à voir leur élu au Parlement « come clean » à ce sujet et dans les meilleurs délais.

Un nouvel exercice de Mass Testing a été organisé à Tyack hier. 152 personnes sont venues se faire dépister. Un chiffre « insuffisant », selon Guillaine Rateau, conseillère du village, qui encourage les habitants à faire leur dépistage. « D’un côté, on comprend qu’il y a des gens qui ont peur d’attraper le virus en venant faire le test PCR, mais de l’autre, si on ne le fait pas, on ne va jamais savoir s’il y a encore des cas dans la communauté. Comme cela a été le cas récemment pour cet employé de l’aéroport. S’il n’était pas venu faire son dépistage samedi dernier, on n’aurait pas su qu’il était positif, » dit-elle.

Elle ajoute qu’il « faudra peut-être aussi revoir la stratégie de dépistage de masse, car s’ils sont programmés dans un trop court délai, les gens ne viennent pas ». Et d’ajouter : « Il faut peut-être attendre un maximum de huit jours entre les “mass testing”. Autrement, les gens disent qu’ils viennent de faire le test et ne trouvent pas la nécessité de revenir. Il faut également prévoir un endroit accessible à tous. On réfléchit là-dessus. »

Avec les cinq nouveaux cas enregistrés lundi, dont des enfants, proches de l’employé de l’aéroport, l’inquiétude s’est installée dans le village. D’autant plus du fait que le ministre de la Santé ait confirmé qu’il y avait deux cas positifs sur le vol en provenance de l’Inde et que le patient positif en question était de service ce jour-là. « Je ne vais pas vous cacher que les gens ont peur. Ils veulent savoir si le variant indien est présent à Maurice et si cela concerne Tyack. Ils veulent être rassurés. »

Déjà, les habitudes dans le village ont changé, depuis ces nouveaux cas. Les personnes hésitent à sortir et on parle de situation « très stressante ». L’une des deux principales boutiques a dû fermer, car le propriétaire a été placé en quarantaine. L’employé de l’aéroport s’y étant rendu. Du coup, les doutes s’installent dans la tête des villageois et ils se demandent s’ils seront approvisionnés. Même situation pour le marchand de légumes du village, très fréquenté et qui a lui aussi été placé en quarantaine après avoir reçu la visite du même patient.

Par ailleurs, beaucoup se posent également la question si les “self-employed” en zone rouge percevront une allocation du gouvernement ce mois-ci. Car ils n’ont pu aller travailler en raison de la situation. Pour certains, les foires sont encore fermées. « En tant que conseillers du village, nous sommes sur le terrain et les gens nous posent des questions. D’autant plus qu’il y a les célébrations de l’Eid bientôt. Malheureusement, nous n’avons pas de réponse pour l’heure. J’ai également téléphoné à la MRA pour me renseigner, mais personne n’est au courant. Je souhaite que les autorités prennent conscience de cette situation, car ces personnes sont sans ressources. »

Rappelons qu’à part ces cinq nouveaux cas enregistrés à Tyack mardi, les autorités ont également annoncé trois nouveaux cas positifs dans le village voisin de Camp-Diable, également placé en zone rouge. Pour l’heure, la situation semble être revenue à la normale dans cette région, après les agitations de la semaine dernière.