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Il est 11h à la rue Hollyrood No 1, Vacoas, ce mardi 30 mars. Située dans la zone rouge en raison des cas élevés de la Covid-19 enregistrés dans les Plaines-Wilhems, et placée sous stricte surveillance policière, la localité connait un calme certain. Or, chez les commerçants du quartier, c’est l’angoisse et la grogne.

Ils pointent du doigt la lenteur des autorités à leur égard, surtout l’Agricultural Marketing Board. « Pa pe gagn zwanion ek pom de ter », scande madame Doomun, une boutiquière du coin.

Elle se demande pourquoi la livraison est aussi lente et souhaite des éclaircissements. D’autant que, confinement oblige, les affaires ont connu une baisse. « Lorla Marketing Board pa pe vinn livre », déplore-t-elle.

Non loin, Khodaden, propriétaire d’Hollyrood Central Market, comptant 55 ans dans le milieu, attend ses quelques clients habituels. Chez lui, on y trouve de tout : gaz ménager, denrées essentielles, produits ménagers, légumes…

« Marketing Board pe met enn bann lalwa ki pa korek ditou. Kifer enn sel ki gagne? », demande-t-il, regrettant que dans la conjoncture actuelle, « les supermarchés de la région sont priorisés et les petits commerces pénalisés ». Pour faire rouler les affaires, « se mo bann kamarad planter ki pe donn mwa », confie-t-il.

Du coté de Noorani, qui travaille depuis 35 ans au marché de Vacoas, on s’adapte comme on peut avec le confinement. S’il ne peut pas écouler ses légumes au marché, il s’est aménagé un petit espace devant sa maison.

De 8h à 17h, il tente de joindre les deux bouts. Las d’attendre le Marketing Board, il s’est trouvé quelques fournisseurs et planteurs de la région afin de poursuivre ses affaires. « Me isi pa kapav pran bokou osi parski pa gagn sa kantite klian-la », explique-t-il.

Dans la vicinité, chez Ganesh Store, pour Khodani la vente « est normale ». Les clients défilent et sortent rapidement sans faire la conversation. Toutefois, l’angoisse et la peur de la contamination est bien présente. « Nou bien per, apar travay isi, me nou pa sorti mem nou ».