Cette année, de nombreux Mauriciens de foi musulmane pratiquant le jeûne de l’aube au crépuscule pendant tout le mois lunaire, soit 29 ou 30 jours, vont observer le « mois saint » du ramadan en étant en quarantaine.

Avec les mosquées fermées, l’interdiction de rassemblements religieux ou de regroupements le soir pour le dîner de rupture du jeûne, le mois de ramadan a une nouvelle fois été chamboulé par la pandémie de la Covid-19.

Belal Peerally, Safety & Health Officer, en quarantaine depuis maintenant 12 jours après avoir été testé positif à la Covid-19, a entamé ce mois de carême dans le centre de quarantaine de Tarisa Resort avec une dizaine d’autres Mauriciens de foi musulmane. Il a par la suite été transféré à l’hôtel La Pirogue.

« Chaque année, je fais le Ramadhan avec ma famille, mais cette année, Dieu en a décidé autrement. Désormais, vers 4h du matin, je m’occupe d’abord de ma santé avec les médicaments à prendre, et je prends le sehri, ensuite je fais ma prière du matin (Fajr) », relate cet habitant de Highlands.

Il indique d’ailleurs, que les arrangements ont été faits dans le centre de quarantaine afin que les musulmans puissent faire le ramadan sans difficultés. À cet effet, des provisions ont été faites pour le sehri tôt le matin et le iftar pour le dîner afin de rompre le jeûne.

Le rapas offert par le centre de quarantaine pour le sehri le matin

« Le ramadan en quarantaine représente une séclusion où je me retrouve seul dans la chambre. Je profite ainsi de l’occasion pour lire, écouter les versés du coran et méditer durant la journée, malgré que ma famille se trouve loin de moi. Ce mois de carême est aussi différent parce que c’est habituellement un mois consacré au partage avec nos proches. Mais j’accepte de faire ce sacrifice et rester en quarantaine afin de combattre le virus. Je suis sûr qu’à l’avenir, tous les Mauriciens, ensemble, respireront de nouveau l’air frais et auront repris une vie normale avec nos amis et nos proches », confie Belal Peerally.

Il soutient par ailleurs prendre régulièrement des nouvelles de ses proches ainsi que de ses enfants. Il ne manque également pas les séances de prière (zikr) à travers Zoom ou sur Facebook durant la nuit par les membres de l’association Sufism.

Belal Peerally reste ainsi optimiste et patient.

« J’espère que nous pourrons faire le Namaz Eid en famille une fois que les autorités l’auront permis », ajoute ce dernier.

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