Visite du ministre de l'Intérieur russe à Cuba en pleines tensions avec Washington

Le ministre russe de l'Intérieur, Vladimir Kolokoltsev, a été reçu mardi à La Havane par le président Miguel Diaz-Canel qui a salué une visite d'une "grande importance" au moment où Washington accroît la pression sur l'île communiste.
Le président cubain a souligné que la visite du ministre, la première d'un officiel russe à Cuba depuis la capture de Nicolas Maduro à Caracas le 3 janvier, avait une "grande importance" en raison du "moment où elle a lieu", selon des propos rapportés par la présidence.
Selon la télévision d'Etat, le ministre envoyé par Moscou a également été reçu par l'ancien dirigeant Raul Castro, 94 ans, officiellement retiré de tout poste de décision, mais qui reste une figure centrale du pouvoir sur l'île communiste.
L'ex-chef révolutionnaire a souligné les "excellentes" relations entre La Havane et Moscou, selon la même source. La Russie et Cuba ont renforcé leurs liens depuis que Moscou a lancé son offensive contre l'Ukraine en 2022.
Vladimir Kolokoltsev est arrivé dans la nuit de lundi à mardi à La Havane, pour des "réunions bilatérales" et des "activités commémoratives", avait annoncé un peu plus tôt l'ambassade de Russie à La Havane.
A son arrivée, il a été accueilli par son homologue cubain, Lazaro Alberto Alvarez.
Dans une déclaration à la chaîne de la télévision d'Etat Rossiya-1, faite depuis l'aéroport de la capitale cubaine, M. Kolokoltsev a rappelé la position de Moscou sur l'attaque des forces américaines début janvier à Caracas ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro.
"En Russie, nous considérons cela comme un acte d'agression armée injustifié contre le Venezuela", a-t-il déclaré, soulignant "la nécessité de renforcer la vigilance et de consolider tous les efforts visant à contrer les facteurs externes", sans plus de détails.
- Aide "d'urgence" de la Chine -
Cette visite intervient au moment où le président américain Donald Trump multiplie les menaces contre Cuba après le raid au Venezuela, proche allié de La Havane à laquelle il fournissait du pétrole, un approvisionnement crucial pour l'économie cubaine.
Au cours de cette opération, 32 militaires cubains, dont certains faisaient partie de l'équipe chargée de la sécurité de Nicolas Maduro, ont été tués.

Dans la matinée, le ministre russe s'est rendu au cimetière de La Havane pour rendre hommage à ces militaires, ont précisé par la suite les médias d'Etat cubain.
Dans le même temps, le chargé d'affaires américain à La Havane, Mike Hammer, a rencontré mardi à Miami le chef du commandement Sud des Etats-Unis, le lieutenant-général Evan L. Pettus "pour évoquer la situation à Cuba et dans les Caraïbes", a indiqué sur X l'ambassade des Etats-Unis à Cuba.
Donald Trump a récemment durci le ton contre Cuba et exhorté le pays caribéen à accepter "avant qu'il ne soit trop tard" un "accord" dont il n'a pas précisé la nature. "Il n'y aura plus de pétrole ou d'argent à destination de Cuba - zéro!", a-t-il menacé.
Miguel Diaz-Canel a par ailleurs démenti des propos du président américain sur des pourparlers en cours avec les Etats-Unis.
Cuba, sous embargo économique des Etats-Unis, est enlisée depuis six ans dans une profonde crise économique, aggravée par le manque de devises qui limite l'achat de carburants et accentue les problèmes énergétiques de l'île.
Autre allié de La Havane, la Chine a approuvé une "série d'aides" pour l'île, notamment une "assistance financière d'urgence" de 80 millions de dollars pour l'acquisition d'équipements électriques, ainsi qu'un don de 60.000 tonnes de riz, a annoncé mardi la présidence cubaine.
En 2025, une quarantaine de parcs photovoltaïques ont été installés dans le pays, grâce au soutien financier de la Chine, avec pour objectif de soutenir le réseau électrique cubain qui souffre d'un manque de carburant pour la génération d'électricité et de fréquentes avaries.


