Royaume-Uni: retard dans l'ouverture du procès pour corruption d'une ex-présidente de l'Opep

L'ouverture à Londres du procès pour corruption de Diezani Alison-Madueke, ancienne figure politique du Nigeria et première femme présidente de l'Opep, va être retardée à cause de problèmes juridiques et techniques non résolus lundi.

Selon l'avocate de l'accusation et ceux de la défense, le procès ne pourra pas commencer avant mardi, au plus tôt.

Les parties doivent encore s'accorder sur certaines preuves qui pourront être examinées ou non durant les débats et finaliser la constitution des jurés.

L'ancienne ministre nigériane des Ressources pétrolières entre 2010 et 2015, fait face à six chefs d'inculpation tous liés à des faits de corruption qui auraient eu lieu durant son mandat de ministre.

Selon l'un d'eux, il est notamment reproché à Mme Alison-Madueke, 65 ans, d'avoir "accepté des avantages financiers" de la part de deux individus "en lien avec les groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical" entre 2011 et 2015.

"L'acceptation de ce don (constitue) en soi l'exercice abusif" de sa fonction, est-il souligné.

Au total, l'ancienne femme politique est accusée d'avoir bénéficié d'au moins 100.000 livres en argent liquide, mais aussi de voitures avec chauffeur, de voyages dans des avions privés ou encore du paiement des frais de scolarité de son fils.

Selon l'acte d'accusation, elle aurait aussi profité de multiples résidences à Londres, situées dans des quartiers cossus de la capitale britannique, durant cette période.

Elle aurait ainsi bénéficié "des services du personnel liés à l'exploitation" de ces résidences, du "paiement des factures", ou encore de "travaux de rénovation" et de mobilier.

Enfin, elle aurait accepté des articles provenant d'achats dans des magasins de luxe comme Harrods ou Louis Vuitton.

En 2023, l'agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), avait affirmé qu'au cours de ses années au gouvernement elle aurait "accepté des pots-de-vin (...) valant des millions de livres".

L'ancienne ministre est aussi visée par plusieurs enquêtes pour blanchiment d'argent et corruption aux Etats-Unis ou en Italie.

Elle est l'une des cibles privilégiées de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au Nigeria, où elle est accusé du détournement présumé de millions de dollars d'argent public.

Elle a toujours nié avoir détourné l'argent des juteux contrats pétroliers et des caisses de l'Etat lorsqu'elle était aux affaires.

Placée en liberté sous caution depuis son arrestation à Londres fin 2015, celle qui fut présidente de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pendant un an, entre 2014 et 2015, était présente lundi au tribunal.

L'accusée est arrivée dans la salle d'audience avec une canne et un strap au poignet gauche.

Deux autres personnes mentionnées dans l'acte d'accusation sont poursuivies par la justice britannique dans le cadre de ce procès devant la Southwark Crown Court de Londres, qui doit durer de 10 à 12 semaines.