Minneapolis: une responsable de l'UE indignée par des images "terrifiantes", un "choc"

Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, a déploré vendredi les images "terrifiantes" de Minneapolis, après la mort de deux citoyens américains sous les balles de la police fédérale chargée de l'immigration, un "choc".

"Je ne veux pas ça pour mon pays ou pour mon continent", a-t-elle dit dans un entretien accordé à l'AFP à Bruxelles.

Cette responsable européenne a évoqué un "terrible choc" après la mort de Renee Good et d'Alex Pretti et a critiqué la "violence" exercée par des agents de façon "anonyme" contre "des petits enfants, des femmes et des hommes".

Des termes bien plus forts que ceux utilisés jusqu'ici par la Commission européenne. Extrêmement prudent sur le sujet, l'exécutif européen avait évoqué une affaire "interne" aux Etats-Unis.

Mais Teresa Ribera, socialiste espagnole, fait figure de franc-tireuse au sein de la Commission. Son ton tranche régulièrement avec la ligne officielle.

Ces derniers jours, elle avait déjà relayé sur le réseau social Bluesky l'indignation de Barack Obama ou de Bruce Springsteen au sujet de Minneapolis.

"Ça s'est passé dans un pays qui était fondé sur un idéal de liberté et de protection des droits et de respect des personnes", a-t-elle insisté.

"Je pense très souvent aux citoyens américains", aux "personnes qui sont honnêtement convaincues de l'importance de la démocratie, de la protection des droits et de la liberté, qu'est-ce qu'ils doivent penser?", s'est-elle encore interrogée.

Teresa Ribera compte sur "les tribunaux, la capacité de réaction de la société américaine", du Congrès ou de "l'administration fédérale" pour retrouver une "normalité".

- "La capacité d'être ferme" -

Durant cet entretien, cette commissaire européenne a également décrit la transformation de la relation transatlantique, en particulier depuis les menaces de Donald Trump sur le Groenland, territoire autonome danois.

Le "message très dur" et "menaçant" des Etats-Unis sur le Groenland a montré à quel point "il est important de réagir de manière claire et unie", a-t-elle dit.

Teresa Ribera a mis en avant l'unité des leaders européens et des institutions de l'Union européenne (UE) durant cette crise.

Elle a appelé l'UE à garder cette "fermeté" et à "revendiquer le respect" des Etats-Unis.

La dirigeante a aussi critiqué les "attaques" de l'administration Trump contre des "officiels", comme l'ancien commissaire européen Thierry Breton, interdit de séjour aux Etats-Unis après avoir longtemps ferraillé pour la régulation des géants de la tech américaine.

Avec les Etats-Unis de Donald Trump, "on a tous vécu des choses qu'on n'attendait pas", a raconté Teresa Ribera.

Dans cette situation, il faut selon elle garder des "principes élémentaires": le "respect des droits, la capacité de garder un dialogue politique, mais aussi la capacité d'être ferme" quand "il faut le faire".

La société américaine "est très divisée", a-t-elle aussi relevé, et "les décisions des gouvernements fédéraux" ne sont pas nécessairement "soutenues par la totalité des Américains", a-t-elle souligné.