Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales

Voici les dernières évolutions économiques mondiales samedi vers 09H00 GMT, alors que la guerre au Moyen-Orient dure depuis trois semaines.
. Face à l'envolée des prix du pétrole, le Bangladesh sollicite une aide financière d'urgence
Le Bangladesh a sollicité pour plus de 2 milliards de dollars de prêts d'urgence auprès des institutions internationales pour faire face à l'envolée des prix des hydrocarbures qu'elle importe causée par la guerre au Moyen-Orient.
"Le Fonds monétaire international (FMI) s'est engagé à un prêt de 1,3 milliard de dollars, la Banque asiatique de développement (BAD) à 500 millions de soutien budgétaire", a énuméré samedi à l'AFP Rashed Al Titumir, le conseiller économique du Premier ministre Tarique Rahman.
"Nous avons également demandé 250 à 500 millions de dollars de plus de la BAD, ainsi que versement anticipé d'autres prêts du FMI", a-t-il ajouté, précisant qu'il envisageait aussi de solliciter la Banque mondiale.
. Ormuz: l'Iran se dit prêt à aider les navires japonais
L'Iran est disposé à aider les navires japonais à emprunter le détroit d'Ormuz, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi dans une interview publiée samedi par l'agence Kyodo.
"Nous n'avons pas fermé le détroit. Il est ouvert", a affirmé M. Araghchi, selon qui les pays qui attaquent l'Iran font face à des restrictions, mais d'autres se voient offrir une assistance.
. Baisse des Bourses européennes et de Wall Street, hausse du pétrole
Les Bourses européennes ont de nouveau fini en forte baisse vendredi, plombées par la progression continue des prix de l'énergie liée aux incertitudes sur la durée et les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Francfort a fini en baisse de 2,01%, Milan de 1,97%, Paris de 1,82% et Londres de 1,45%.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,97%, l'indice Nasdaq 2,01% et l'indice élargi S&P 500 1,51%.
"Les investisseurs sont, sans surprise, un peu nerveux quant à ce qui pourrait se passer" dans les prochains jours sur le front militaire, relève auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.
Les cours du pétrole ont terminé en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.
Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,26% à 112,19 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), traditionnellement moins cher, a avancé de 2,27% à 98,32 dollars.
. L'Iran dit ne pas avoir d'excédent pétrolier
Les Etats-Unis ont autorisé vendredi la vente et la livraison de pétrole et produits dérivés iraniens se trouvant sur des navires depuis au moins le 19 mars, et ce jusqu'au 19 avril, dans l'espoir d'endiguer la flambée des prix de l'énergie due à la guerre.
Plus tôt dans la journée, l'Iran avait déjà estimé la mesure inutile après de premières indications du ministre américain des Finances, Scott Bessent.
"Actuellement, l'Iran n'a en réalité plus de surplus de brut en mer ou pour approvisionner les marchés internationaux, et les propos du secrétaire américain au Trésor visent uniquement à donner de l'espoir aux acheteurs", a posté sur X Saman Ghoddoosi, porte-parole du ministère iranien du Pétrole.
. Matières premières: l'or et le cuivre fondent
Les prix de l'or et de l'argent ont fondu cette semaine, plusieurs grandes banques centrales ayant alimenté les craintes d'une poussée d'inflation liée au conflit, ce qui laisse envisager une hausse des taux d'intérêt.
Cette perspective favorise les obligations et le dollar, valeurs refuges concurrentes des métaux précieux. L'or a perdu près de 9% en une semaine, et l'argent plus de 14%.
. La hausse des billets d'avions est inévitable (Iata)

Une hausse des prix des billets d'avion est "inévitable" vu la flambée des cours des hydrocarbures, selon le directeur général de l'Iata, principale association mondiale de compagnies aériennes.
Le prix du kérosène a doublé depuis l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, a noté Willie Walsh.
. USA: un responsable de la Fed s'inquiète du risque inflationniste
Donald Trump a perdu un défenseur des baisses de taux d'intérêt au sein de la Réserve fédérale (Fed): un gouverneur de la banque centrale américaine a expliqué redouter désormais une inflation durable du fait de la guerre.
Christopher Waller a expliqué sur la chaîne économique CNBC qu'il envisageait encore, "il y a deux semaines", de voter pour une détente monétaire.
Mais, depuis, "le détroit d'Ormuz est resté fermé, il semble que le conflit va se prolonger et que les prix du pétrole vont rester élevés plus longtemps. Donc cela suggère que l'inflation est davantage un motif d'inquiétude que ce que je pensais", a-t-il justifié.
. Espagne: plan d'aide anti-crise de 5 milliards d'euros

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a annoncé une série de 80 mesures pour un montant de 5 milliards d'euros visant à lutter contre les effets du conflit, promettant notamment "une réduction drastique" de la fiscalité sur l'énergie.
Parmi les mesures annoncées à l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, appliquées dès samedi, figure une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants qui devrait notamment permettre une baisse des prix à la pompe allant jusqu'à 30 centimes par litre.


