A Londres, des dizaines de milliers de manifestants contre l'extrême droite

"Non à la haine": des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans le centre de la capitale britannique lors d'une marche contre l'extrême droite, à l'appel d'un collectif d'associations et de personnalités de gauche, a constaté l'AFP.

Peu avant 16H00 heure locale et GMT, la police de Londres a indiqué à l'AFP disposer d'une "estimation approximative" de 50.000 participants.

Cette marche intervient près de six mois après celle, d'une ampleur inédite, organisée par l'agitateur d'extrême-droite Tommy Robinson, qui avait réuni plus de 150.000 personnes, et dans un contexte de montée en puissance du parti d'extrême droite Reform.

M. Robinson a, en outre, d'ores et déja annoncé un autre grand rassemblement en la date du samedi 16 mai.

Organisée par la Together Alliance, collectif qui regroupe notamment l'organisation Amnesty International, le syndicat Unite ou encore l'association antiraciste Stand Up to Racism, cette marche a été présentée comme "la plus grande contre l'extrême droite de l'histoire du Royaume-Uni".

Les manifestants se sont rassemblés en fin de matinée non loin d'Hyde Park, l'un des poumons verts de la capitale, pour gagner Whitehall, où se trouvent les principaux bureaux du gouvernement britannique.

Parmi les nombreuses pancartes: "Non au racisme" ou "vous ne pouvez pas nous diviser".

Des personnalités politiques étaient également présentes, dont le chef des Verts, Zack Polanski, ou l'ex-leader du Labour Jeremy Corbyn.

Emily Roth, 23 ans, étudiante en droit international à Edimbourg, en Ecosse, a tenu à faire le déplacement afin de dénoncer "le climat toxique mondial". Même tonalité pour son amie Tatiana, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. Selon elle, "nous vivons une période très dangereuse où certains politiciens d’extrême droite essaient de nous diviser".

La possibilité de voir Nigel Farage, l'ex-héraut du Brexit et chef de Reform, arriver au pouvoir est une source de "préoccupation" pour Robert Gadwick, 48 ans, actuellement sans emploi. Il a fait le déplacement depuis Bath (sud-ouest de l'Angleterre).

"Nous avons déjà connu cela avec le Brexit : ce sont les mêmes mensonges et pourtant certaines personnes décident d’y croire", a-t-il déploré.

La formation de M. Farage domine les sondages d'intention de vote dans le pays.

Rose Batterfield, une retraitée de Stratford-upon-Avon, dans le centre de l'Angleterre, a elle indiqué "ne plus reconnaître le Labour", se disant "stupéfaite" par la politique migratoire actuelle. "L’idée que l’on puisse mettre en œuvre des idées d’extrême droite pour arrêter l’extrême droite est absurde", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Le Premier ministre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités. En novembre, son gouvernement a annoncé une réforme d'ampleur de la politique d'asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.

Des élections locales doivent se tenir le 7 mai prochain.