Moyen-Orient: Washington assure que la balle est dans le camp des Iraniens

Le vice-président américain, JD Vance, a estimé lundi que "la balle est dans le camp" des Iraniens pour obtenir un accord de paix, plusieurs déclarations pointant vers une poursuite des contacts entre Iraniens et Américains malgré l'échec des pourparlers à Islamabad.
Les marchés boursiers étaient en hausse et le prix du pétrole a reculé mardi matin, dans l’espoir d’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d’Ormuz après que Donald Trump a assuré que les Iraniens étaient désireux d'obtenir un accord avec les Etats-Unis.
"Je peux vous dire que l'autre camp nous a appelé. Ils voudraient faire un accord, à tout prix", a assuré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche lundi.
Washington souhaite faire sortir l'uranium enrichi d'Iran "afin que les Etats-Unis en aient le contrôle", a détaillé JD Vance sur Fox News en insistant sur la nécessité de garantir que l'Iran ne puisse pas enrichir de l'uranium à l'avenir.
Le président américain Donald Trump a déclenché la guerre contre l'Iran le 28 février avec son allié israélien assurant que l'Iran développait une bombe atomique - ce que Téhéran dément - et promettant de ne jamais laisser ce pays posséder une arme nucléaire.
Le Wall Street Journal indique lundi que les Etats-Unis ont cherché à obtenir une suspension de 20 ans du programme d'enrichissement d'uranium iranien en vue d'un accord pour mettre fin à la guerre.

Une position pas si éloignée de celle de l'Iran qui aurait proposé de suspendre ses activités nucléaires pendant cinq ans, écrit le New York Times.
"Le cessez-le-feu tient toujours et au moment où je parle, des efforts sont en cours pour résoudre les derniers litiges", a dit lundi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à la télévision.
Le président iranien Massoud Pezeshkian avait souligné lundi que Téhéran "ne continuera les pourparlers que dans le cadre du droit international" lors d'une conversation avec son homologue français Emmanuel Macron, cité par plusieurs médias iraniens.
- Echanges diplomatiques -
Les échanges diplomatiques se multiplient avec un appel entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Ce dernier est arrivé à Pékin mardi pour une visite qui devrait donner la part belle à la crise au Moyen-Orient entre les deux pays partenaires de l'Iran.
Parallèlement à Washington, des représentants libanais et israélien se retrouvent mardi sous médiation du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, pour des pourparlers directs préliminaires de paix, mais les perspectives d'un accord semblent minces.
Avant même la rencontre, le chef du Hezbollah pro-iranien, Naim Qassem, a réclamé lundi son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation".
Donald Trump a menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus des ports de l'Iran, désormais entré en vigueur, au lendemain de l'échec des pourparlers entre les deux pays.

Dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", l'Iran a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".
"On peut supposer que l'intention de Trump est d'essayer de priver l'Iran de ses revenus d'exportation et d'obliger ses principaux importateurs de pétrole, particulièrement la Chine, à faire pression sur Téhéran pour qu'il lève son blocage du détroit" d'Ormuz, analyse le centre de réflexion américain Soufan Center.
- Avertissement de l'AIE -
Depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, Téhéran verrouille le détroit et a instauré des droits de passage qu'il entend maintenir.

M. Trump a affirmé que 34 navires étaient passés par Ormuz dimanche, soit "de loin le nombre le plus élevé depuis le début de cette fermeture insensée".
Mais le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a averti que le mois d'avril "devrait être encore pire que mars" pour le secteur de l'énergie, quand bien même la guerre en Iran trouverait rapidement une conclusion.
Alors que des navires ont pu en mars livrer leur cargaison qui avait été "chargée avant le début de la crise (...) Rien n'a pu être chargé" ce mois-ci dans le Golfe, a déclaré M. Birol.
L'incapacité de Washington et Téhéran à trouver un accord lors des pourparlers au Pakistan inquiète, après plus d'un mois d'une guerre qui a fait plus de 6.000 morts, principalement en Iran et au Liban.
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