La Corée du Nord dit avoir testé un nouveau système de lancement de missile polyvalent

La Corée du Nord a affirmé mercredi avoir testé la veille un nouveau système lance-missile polyvalent léger ainsi qu'un dispositif multiple de missiles de croisière tactique.
Ces essais militaires, rapportés d'abord par l'armée sud-coréenne, ont été supervisés par le dirigeant Kim Jong Un selon l'agence officielle KCNA.
Mardi, l'état-major interarmées sud-coréen avait indiqué avoir détecté, vers 13H00 (04H00 GMT), les tirs de "plusieurs projectiles" en mer Jaune, dont un missile balistique de courte portée, lancés depuis la ville nord-coréenne de Chongju.
La Corée du Nord a multiplié les essais de missiles ces dernières semaines. Les analystes estiment que cet Etat diplomatiquement isolé pourrait chercher à tirer profit de l'affaiblissement des normes internationales, dans un contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, pour consolider son statut de puissance nucléaire.
Les missiles ont parcouru environ 80 kilomètres, d'après l'armée sud-coréenne.
Ce test a permis d'"analyser et estimer la puissance d'une ogive à mission spéciale d'un missile balistique tactique, la fiabilité d'un obus d'artillerie guidé de 240 mm à portée de tir étendue, qui est équipé d'un système de navigation autonome ultraprécis", a détaillé KCNA.

Ces "systèmes d'armement majeurs sont un signe clair de l'amélioration de notre force militaire et une démonstration d'un grand progrès technique", s'est félicité Kim Jong Un, cité par KCNA.
"Il est essentiel, pour les opérations de notre armée, d'avoir une telle puissance destructrice, suffisante pour rendre toute force adverse incapable de survivre en théorie, sauf par un coup de chance", a-t-il ajouté.
Une photo diffusée par KCNA montre Kim Jong Un se tenir près d'un lanceur mobile, flanqué par des militaires.
La Corée du Nord est soumise à de multiples sanctions des Nations Unies lui interdisant de développer l'arme nucléaire et d'utiliser la technologie des missiles balistiques, restrictions qu'elle a maintes fois bafouées.
-"Puissance de feu"-
Ces nouveaux lancements sont intervenus alors que des informations de l'agence de presse sud-coréenne Yonhap ont récemment fait état d'une possible visite du président chinois Xi Jinping en Corée du Nord cette semaine, citant des sources gouvernementales non identifiées.
Aucun des deux pays n'a pour l'heure confirmé cette éventuelle visite. La Chine est le principal soutien économique et politique de la Corée du Nord, bien que Pyongyang se soit grandement rapproché de la Russie ces dernières années.
Il s'agissait mardi du premier tir effectué par la Corée du Nord depuis 37 jours et du huitième cette année.
En avril, Pyongyang avait procédé à un essai de missile balistique afin de "vérifier les caractéristiques et la puissance d'une ogive de bombe à sous-munitions", avaient alors indiqué ses médias d'État.
Ce nouveau lancement démontre la volonté de la Corée du Nord de déployer un tel système d'armes, comme avertissement au Sud en cas de guerre, estime Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale à Séoul.

Les armes tirées mardi constituent "un système de frappe de précision intégrant des missiles de croisière tactiques, des lance-roquettes multiples guidés et des missiles balistiques tactiques", a-t-il précisé.
"Il met en évidence une puissance de feu conventionnelle automatisée, précise et à longue portée, capable de submerger le Sud, même en deçà du seuil nucléaire", a ajouté Hong Min.
Plus tôt ce mois-ci, Kim Jong-un avait appelé les hauts responsables militaires à transformer la frontière sud du pays avec la Corée du Sud en une "forteresse imprenable".
Les deux pays voisins sont techniquement toujours en guerre depuis leur conflit de 1950-1953 conclu sur un armistice et non un traité de paix.
Malgré les volontés d'apaisement du président sud-coréen Lee Jae Myung élu l'an dernier, Pyongyang rejette systématiquement les mains tendues de Séoul, le qualifiant régulièrement d'adversaire le plus "hostile".
Une rare éclaircie s'est cependant dessinée la semaine dernière: les footballeuses du Naegohyang FC, première équipe sportive nord-coréenne à se rendre en Corée du Sud en huit ans, ont remporté samedi la Ligue des champions de football d'Asie.


