Israël veut frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Israël a ordonné lundi à son armée de frapper la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, intensifiant son offensive terrestre au Liban, l'incursion la plus profonde chez son voisin depuis deux décennies.
A la demande de la France, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence lundi, le président Emmanuel Macron estimant que "rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban".
Téhéran, en pleine négociation avec Washington pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, a réitéré lundi qu'un accord était conditionnel à un cessez-le-feu au Liban.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a ordonné dimanche d'intensifier son offensive au Liban, a annoncé lundi que son armée allait reprendre les frappes sur la banlieue sud.
"A la lumière des violations répétées du cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste Hezbollah et des attaques contre nos villes et nos citoyens, (...) Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israël Katz, ont ordonné à Tsahal (l'armée, NDLR) de frapper des cibles terroristes" dans la banlieue sud de Beyrouth, a annoncé un communiqué officiel.
Après cette annonce, des journaliste de l'AFP ont vu des centaines de familles quitter la banlieue sud, à pied, à moto ou dans des voitures chargées d'oreillers et de sacs.
- "Panique générale" -
"Nous avons immédiatement quitté la banlieue", a déclaré à l'AFP Hadi, un employé de 24 ans, qui était rentré dans la banlieue à la faveur de la trêve, affirmant que les déclarations israéliennes "ont provoqué une panique générale".
Après la journée du 8 avril au cours de laquelle plus de 350 personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes massives sur le Liban, dont une majorité dans la région de Beyrouth, des pressions diplomatiques avaient été exercées sur Israël pour qu'il s'abstienne de viser la capitale et sa banlieue.

Deux frappes avaient visé en mai la banlieue sud de Beyrouth et le sud de la capitale, Israël affirmant qu'elles étaient dirigées contre des responsables du Hezbollah.
Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche la prise par l'armée israélienne de la forteresse Beaufort dans le sud du Liban, parlant d'un "tournant majeur" des opérations israéliennes et appelant les forces israéliennes à étendre leur "emprise sur les zones qui étaient sous le contrôle du Hezbollah".
La capture de cette citadelle construite par les Croisés au XIIe siècle, site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, ouvre la voie à une progression de l'armée israélienne vers la région de Nabatiyé. Il s'agit de l'incursion la plus profonde en territoire libanais depuis 2006, lors d'un précédent conflit.
Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien sont quasi-quotidiens malgré la trêve du 17 avril, qui n'a jamais été respectée.
L'armée israélienne a progressé ces derniers jours plus en profondeur dans le sud du Liban tout en poursuivant des frappes aériennes. De son côté, le Hezbollah continue ses attaques de drones contre les positions israéliennes, dans le sud du Liban et dans le nord d'Israël.
Fortement implanté dans la banlieue sud de la capitale, ainsi que dans le sud et dans l'est du pays, le mouvement chiite a revendiqué lundi une attaque aux missiles menée contre un objectif militaire dans la région de Tibériade, dans le nord d'Israël.
- "Plan clair" -

L'armée israélienne, qui poursuit ses frappes dans le sud, a ordonné lundi l'évacuation de neuf villages des régions de Saïda et de Jezzine, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Alors que son pays doit tenir de nouvelles discussions avec Israël mardi et mercredi à Washington, le président libanais, Joseph Aoun, a condamné les dernières opérations israéliennes, dénonçant une "agression féroce et condamnable".
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est entretenu avec Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu à propos des négociations entre les deux pays auxquelles s'oppose le Hezbollah.
"Afin de faire avancer ces pourparlers, les Etats-Unis ont proposé un plan clair: le Hezbollah doit mettre fin à toutes ses attaques contre Israël. En contrepartie, Israël s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", a déclaré un responsable américain dimanche soir sous le couvert de l'anonymat.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 26 morts dans les rangs de l'armée israélienne, après la mort d'un nouveau soldat lundi.


