Trump met à nouveau la pression sur les sénateurs républicains

Donald Trump a mis sous pression les sénateurs républicains lors d'une visite au Capitole mercredi, après avoir refusé de signer une nouvelle loi phare sur le logement, leur reprochant notamment de l'avoir défié sur la guerre en Iran.
Adopté mardi avec le soutien des deux partis au Congrès, ce texte sur le logement vise principalement à faciliter la construction de nouvelles habitations, notamment en assouplissant certaines normes et en accélérant les examens d'impact environnemental.
Mais Donald Trump a annoncé avant la cérémonie qu'il refusait de signer cette loi tant qu'un texte imposant des restrictions sur les modalités de vote - qu'il réclame depuis de nombreux mois - n'était pas adopté par le Sénat.
"La conférence de presse d'aujourd'hui et la signature (de la loi) sur le logement sont par la présente annulées jusqu'à ce que nous adoptions le +SAVE America Act+, désespérément nécessaire et que je considère comme une urgence nationale", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, moins de deux heures avant la cérémonie prévue au Capitole de Washington.
Depuis de nombreuses semaines, Donald Trump exige à cor et à cri que le "SAVE America Act" soit adopté par le Congrès, alors même que les responsables de sa majorité continuent de lui expliquer qu'une telle adoption est hautement improbable en raison des règles du Sénat et du manque de soutien jusque dans le camp de la droite.
Cela ne l'a pas empêché de continuer à mettre la pression sur les sénateurs républicains lors d'une réunion mercredi.
Selon les médias américains, la situation est devenue explosive lorsque Donald Trump a pris à partie les sénateurs qui avaient voté la veille une résolution symbolique pour ordonner le retrait des forces américaines de l'Iran.
Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a ensuite expliqué avoir répondu au président: "Vous n'avez pas expliqué au peuple américain ce qui se passe. Ca (la guerre en Iran) devait durer quatre semaines, ça dure depuis quatre mois. Nos objectifs initiaux n'ont pas été atteints et je veux savoir ce qui se passe", aurait-il dit selon CNN.
En quittant la réunion, Donald Trump est apparu visiblement agacé, glissant aux journalistes: "Je n'aime pas certaines personnes, mais ça va. Je pense que vous savez de qui il s'agit."
- "Importance mineure" -
La loi sur le logement était censée illustrer le combat mené par Donald Trump et les républicains face au coût de la vie, thème majeur des élections de mi-mandat de novembre, sur fond d'inflation persistante en raison notamment de la guerre déclenchée contre l'Iran.
Mais pour Donald Trump, ce texte, censé permettre à plus de familles d'accéder à la propriété et que les élus républicains érigeaient déjà en victoire législative, est d'une "importance mineure".
Le président n'a pas annoncé formellement vouloir opposer son veto, et dans les faits, même sans la signature présidentielle, le texte sera promulgué au bout de 10 jours si le Congrès est en session.
Le "SAVE America Act" exige des électeurs qu'ils fournissent un document comme preuve de leur citoyenneté américaine pour s'inscrire sur les listes électorales et présentent une pièce d'identité au moment de voter pour les élections fédérales. Particularité des Etats-Unis, 14 Etats à travers le pays ne requièrent aucune pièce d'identité pour glisser un bulletin dans l'urne.
Ses partisans estiment que le texte permet de renforcer la sécurité des élections, mais ses détracteurs soulignent qu'il est déjà illégal pour un non-citoyen de voter lors des élections et s'alarment de barrières dressées sur le droit de vote de millions d'Américains, principalement ceux issus de minorités.
Depuis sa défaite à l'élection présidentielle de 2020 face à Joe Biden, le milliardaire républicain répète sans fondement que la victoire lui a été volée en raison d'une supposée fraude massive.
Donald Trump exige à présent que les règles actuelles du Sénat - qui demandent qu'un texte comme le "SAVE America Act" soit adopté avec une majorité de 60 voix sur 100 - soient abolies.
Autrement, les démocrates "le feront dès la première heure" où ils reprendront la majorité au Sénat, afin de faire passer leurs propres textes, a-t-il assuré mercredi.
"Les républicains se sentiront très stupides s'ils ne le font pas en premier. Je regarderai avec les larmes aux yeux", a conclu Donald Trump sur Truth Social.


