Un petit être s’en est allé, laissant échapper son dernier souffle dans d’atroces souffrances. Son visage angélique, son sourire espiègle, sa beauté qui fleure bon l’innocence nous interpellent sur la bestialité de sa mort. Une onde de choc a frappé notre pays. Sa maman et le compagnon ont été inculpés.

Le meurtre de la petite Fareeda, âgée de 10 ans, habitante de Quatre-Cocos et dont le corps frêle a été retrouvé dans un champ de pommes d’amour à Belle-Mare, doit nous amener à être davantage vigilants sur le sort des enfants pendant le confinement. En tant que responsable politique, nous devons mettre en place une surveillance accrue sur les cas de maltraitances intra-familiales. Aussi, je sollicite l’aide du ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille ainsi que le soutien de l’Ombudsperson, en proposant d’envoyer des assistantes sociales et des psychologues dans ces familles où des cas suspicieux ont été signalés auparavant à la Child Development Unit (CDU). Il faut également faire des visites impromptues dans des familles en situation de grande précarité. Il convient de redoubler la prévention à travers une campagne de sensibilisation sur la maltraitance des enfants dans divers supports médiatiques et sur les réseaux sociaux. Il faut donc afficher dans les médias constamment le numéro de téléphone 113 (enfance maltraitée), d’une manière visible afin qu’il soit accessible aux enfants.

En cette période de confinement, les parents se retrouvent avec leurs enfants sans interruption. Certains parents, pour diverses raisons, n’ont pas du tout l’habitude ni la patience de s’occuper de leurs progénitures, et le fait d’avoir constamment les chérubins avec eux peut les mettre dans des situations hors de contrôle et les amener à commettre des actes de maltraitance. Il est donc impératif de mettre en place un numéro de téléphone spécial SOS Parents afin que ces derniers puissent se confier en cas de détresse et être guidés par des professionnels dans leur rôle de parents. La protection de l’enfance pourra ainsi intervenir en temps et lieu.

Chacun de nous a un rôle à jouer, il est de notre devoir de protéger nos petits Mauriciens ; ainsi je demande à chaque citoyen d’être en alerte et de signaler si l’enfant est exposé à de la maltraitance de la part de ses proches.

La maltraitance infantile touche toutes les couches sociales. Les enfants de n’importe quelle famille, riche ou pauvre, peuvent en être victimes. Personne n’est à l’abri. Nous vivons une situation de crise sanitaire sans précédent. Le confinement, la mort, et un lendemain incertain libèrent des sentiments anxiogènes. Le stress et les tensions familiales peuvent donner lieu à des actes d’ignominie. Ce sont les plus fragiles, en l’occurrence les enfants, qui seront en première ligne. Ce sont des petits êtres sans arme pour se défendre. Protégeons nos petits anges…

P.S. : 113 (enfance maltraitée)

PADMA
UTCHANAH

Présidente du Ralliement

Citoyen pour la Patrie