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La femme au travail et dans la production. Tel était le thème de la conférence organisée hier matin par Rezistans ek Alternativ au Rajiv Gandhi Science Center, à Bell-Village, pour commémorer la Journée internationale de la femme. Une journée de réflexion, de débats et de discussions autour du rôle de la femme dans la production. A cette occasion, plusieurs femmes provenant de différents secteurs ont eu l’occasion de prendre la parole pour témoigner.

Cette conférence pour les femmes, indique Dany Marie Program Coordinator au Centre for Alternative Research and Studies (CARES), était destinée aux étudiantes à l’université, aux femmes employées de secteurs émergents, tels que les centres d’appels, la distribution ou encore le tourisme. Et ce à la fois dans le secteur public et privé. La rencontre, qui a rassemblé un peu plus d’une centaine de femmes de tous âges, avait ainsi pour objectif de discuter des inégalités et de l’oppression que subissent les femmes sur le plan social, politique et économique, mais aussi de comprendre pourquoi les femmes mauriciennes figurent parmi les moins loties en termes d’émancipation et de lancer, dans la même lignée, une campagne pour laisser entendre la voix des femmes dans les secteurs de la production et de la distribution.

Par ailleurs, lors de la conférence, plusieurs femmes ont pu témoigner. « Nous devons être plus solidaires », a ainsi martelé une intervenante, prénommée Aline. Ayant travaillé plusieurs années à l’usine, cette dernière a tenu à partager son expérience au travail, lançant dans la même foulée un message poignant aux femmes présentes. « Kan nou tou ansam, se sa ki fer nou lafors. Quand, au travail, votre patron vous demande de faire des heures supplémentaires, vous exploite et que vous acceptez, vous ne vous rendez pas compte que vous faites beaucoup de tort aux autres femmes qui, elles, ne peuvent pas rentrer chez elles aussi tard, qui ont une famille à nourrir. Soyons toutes solidaires ! »

Nazma est quant à elle une femme pêcheur. Depuis plusieurs années, elle s’est lancée dans la pêche au gros, notamment de thon. « J’ai fait absolument tous les métiers qu’un homme peut faire », a-t-elle affirmé. Ainsi, pour elle, une femme, avec le soutien de ses proches, mais surtout avec beaucoup de volonté, peut accomplir de belles choses. « Ce n’est pas facile, car je dois laisser ma maison et ma famille seule, et des fois je rentre chez moi le lendemain, mais il faut le faire. Je dois travailler pour nourrir ma famille », dit-elle.

Autre témoignage de Sarah Permal, qui a lancé il y a quelque temps sa petite pizzeria. « Les choses n’ont pas été faciles. J’ai dû me débrouiller seule, mais je tiens bon, même si je ne sais pas quand je parviendrais à rembourser mes dettes. » Bref, que des témoignages pour dénoncer les inégalités qui existent encore dans le monde du travail, que ce soit au niveau du salaire ou des horaires.