L’action en réparation qu’intentait le Senior Counsel Me Patrice Doger de Speville à l’ancien chef de la MCIT Prem Raddhoa, pour arrestation arbitraire, a connu un dénouement en Cour suprême. Me Doger de Speville réclamait Rs 5 millions de dommages aux héritiers de Prem Raddhoa, à qui il reprochait de l’avoir illégalement et arbitrairement arrêté dans la nuit du 23 au 24 avril 2001 alors qu’il agissait dans l’exercice de sa profession d’avocat. Le juge Asraf Cunhye a rendu un jugement vendredi en faveur de l’homme de loi de Bernard Maigrot. Me Doger de Speville, qui avait initié cette action afin de rétablir son honneur et sa réputation, n’a pas insisté sur les réclamations et n’a demandé qu’une roupie symbolique aux héritiers de Prem Raddhoa.
Ce jugement conclut en effet que l’ancien Chef de la MCIT Prem Raddhoa a, dans la nuit du 23 au 24 avril 2001, fait arrêter illégalement et arbitrairement Me Patrice Doger de Speville alors que celui-ci agissait dans l’exercice de sa profession, et ce devant l’entrée du campement de Vanessa Lagesse, à Grand-Baie. Me Doger de Speville ne faisait alors que rappeler à son client, Bernard Maigrot, son droit au silence, et ce après que l’accès ait été refusé à Me de Speville, ainsi qu’à d’autres avocats, d’être présent aux côtés de son client lors de la reconstitution des faits sur les lieux du crime. Par la suite, Me Doger de Speville affirme avoir été détenu et séquestré par la police de manière illégale de 22h30 jusqu’à 3h40 du matin au bureau de la CID de Grand-Baie. Lors du procès, l’avocat de Bernard Maigrot avait dit avoir subi « beaucoup d’humiliation et de stress » à la suite de son arrestation, qu’il qualifiait « d’arbitraire et d’illégale ». Il a soutenu avoir été « traité comme un criminel » et emporté au poste de police à bord d’un van. « I heard subsequently that there were allegations by the police that i have been misbehaving and swearing in a most vulgar manner obviously this created confusion and doubts in the public as to my professional integrity and conduct and caused me a lot of anxiety », avait -il soutenu. Me Doger de Speville réclamait ainsi Rs 5 millions de dommages à Prem Raddhoa. Après le décès de ce dernier, Me Doger de Speville avait décidé, en 2008, de maintenir la poursuite envers les héritiers de Prem Raddhoa. Ces derniers avaient pour leur part logé une autre plainte, se dissociant de toutes responsabilités des actions de l’ancien chef de la MCIT et réclamant à leur tour des dommages de Rs 50 M au plaignant. Dans un jugement rendu le 5 août 2013, le juge Asraf Caunhye avait rejeté la demande des héritiers et demandé que le procès se poursuive avec la plainte modifiée.
La Cour a ainsi prononcé vendredi un jugement en faveur de Me Patrice Doger de Speville, concluant que Prem Raddhoa avait agi en hors-la-loi cette nuit-là. Les défendeurs ont pour leur part reconnu et accepté la totalité des faits avancés dans la plainte. Me Doger de Speville, qui avait initié cette action afin de rétablir son honneur et sa réputation, n’a pas insisté sur les réclamations et n’a demandé qu’une roupie symbolique contre les héritiers de Prem Raddhoa.
Pour rappel, Me de Spéville est l’avocat de Bernard Maigrot, soupçonné du meurtre de la styliste Vanessa Lagesse, retrouvée morte dans sa baignoire dans la nuit du 9 au 10 mars 2001. L’action initiée par Me Doger de Speville avait débuté en Cour et était même arrivée à un stade avancé du procès. La Cour n’avait en effet plus qu’à écouter la déposition d’un témoin de la défense, mais l’ancien chef de la MCIT est décédé avant. Me Doger de Spéville avait ainsi déposé une réclamation modifiée devant la Deputy Master and Registrar, incluant maintenant les quatre héritiers du défunt : son épouse Soolekha, ses deux filles, Sharon et Karen, et son fils Hanley. Ces derniers avaient pour leur part logé une autre plainte, se dissociant de toutes responsabilités des actions de l’ancien chef de la MCIT.