Poursuivis pour l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte, Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea ont comparu hier devant les Assises. Le PC Hurgobin et le PS Ramasawmy ont été contre-interrogés. Le procès reprend lundi devant le juge Fekna.
Le procès intenté par le directeur des poursuites publiques à Avinash Treebhoowon (accusé No 1) et Sandip Moneea (accusé No 2) pour l’assassinat de l’Irlandaise Michaela Harte – sous les articles 216, 217 et 222 du Code pénal – s’est poursuivi hier après-midi avec la suite du contre-interrogatoire du Police Constable (PC) Rajen Hurgobin. Mes Sanjeev Teeluckdharry et Ravi Rutnah représentent Treebhoowon alors que Moneea est défendu par Mes Rama Valayden, Rouben Mooroongapillay, Siven Tirvassen, Neelkanth Dulloo et Arassen Kallee.
Cet officier du Scene of Crime Office (SOCO) est le draftman sur cette affaire. Il a été contre-interrogé par Me Ravi Rutnah, qui lui avait demandé d’apporter avec lui son Field Book. L’avocat lui a demandé s’il a pris des mesures entre les chambres 1025 et 1011, ce qui a été confirmé par le PC Hurgobin.
Me Rutnah : Can one get a direct view from room 1011 to 1025 ?
PC Hurgobin : No
Me Rama Valayden a ensuite pris le relais du contre-interrogatoire en demandant au témoin si son plan était bon. Celui-ci devait répondre que oui. Lui demandant s’il avait vu la chambre 1026 ce jour-là, le policier a également répondu par l’affirmative. Mais Me Valayden a immédiatement répliqué que la chambre 1026 n’existait pas à ce moment.
Me Valayden : M. Ng vous a-t-il donné un petit plan avec le gros ?
PC Hurgobin : Oui…
Me Valayden : Vous a-t-il donné un petit plan de la chambre 1025 ?
PC Hurgobin : Non
« It is not a plan that has been drawn by you ! » L’avocat de Sandip Moneea a alors regardé le juge Fekna avant de lui lancer : « I will call a witness my Lord. » Selon Me Valayden, le plan de la chambre 1025 lui a été confié par un employé de l’hôtel. Le draftman de la police, PC Hurgobin, a pour sa part affirmé avoir pris toutes les mesures et les notes sur la chambre 1025 à ce moment précis.
Par ailleurs, le sergent Ramasawmy a été contre-interrogé par Me Teeluckdharry. Le policier a pris le statement du chef de la sécurité Krishna Marimootoo le 11 janvier 2011. Dans cette déposition, il affirme que d’autres membres de la sécurité étaient présents ce soir-là, notamment Bodhee et Narayanen. Ce dernier travaillait près du barachois.
« This case was a very sensitive one, right? » demande alors Me Valayden au policier. Le témoin répond positivement. Il raconte qu’il y avait également des membres de la MCIT dans la cour, de même que des membres de la police de Grand-Gaube près de la scène du crime. Étant de la Criminal Investigation Division (CID) de Piton, le PS Ramasawmy a soutenu qu’il recevait des ordres de l’assistant surintendant de police (ASP) Kallee.
Les biscuits
Dans un autre volet du contre-interrogatoire qu’a mené Me Valayden, on apprend que le sergent Ramasawmy aurait retiré des biscuits, qui étaient dans un tiroir, pour les placer sur une table. Après la fin de l’enquête et le retrait de l’ordre pour sécuriser les lieux, un employé d’hôtel aurait ramassé un reçu pour des biscuits, soutient l’avocat de la défense. Me Valayden  a reproché au sergent Ramasawmy le fait qu’il n’ait pas pris de déposition des voisins en question. Le sergent a expliqué qu’il attendait des instructions…
Me Valayden : Savez-vous ce qui s’est passé avec les biscuits ?
PS Ramasawmy : Je ne sais pas.
Me Valayden : Qui a accompagné James Mc Areavy chez le Dr Gungadin ?
PS Ramasawmy : L’ASP Kallee et moi. Mais l’ASP Kallee est entré seul avec James Mc Areavy.
Me Valayden : Alors vous ne pouvez confirmer s’il a été examiné ou non ?
PS Ramasawmy : Je ne peux le dire.
Poursuivant son contre-interrogatoire, l’avocat a lancé que quatre empreintes avaient été décelées ce fameux jour dans la chambre de la victime. Le questionnant pour savoir si son supérieur lui avait demandé de prendre les dépositions d’autres employés de l’hôtel, le sergent a alors répondu que l’ASP Kallee ne le lui avait pas demandé. Aux questions de l’avocat, il dira n’avoir pas demandé les noms ni même pris les dépositions de ceux travaillant au restaurant ce jour-là avec Marc L’Olive, le responsable de l’établissement.
Me Valayden : Êtes-vous au courant qu’un couple allemand voulait consigner une déposition dans cette affaire mais qu’il n’a pu le faire parce qu’ils ne parlaient pas anglais ?
PS Ramasawmy : Non
Me Valayden : Mais qu’avez-vous fait précisément le 11 janvier ?
PS Ramasawmy : Je ne sais plus.
Me Valayden : Vous savez que quelqu’un a quitté l’hôtel à l’improviste à 10h45 ?
PS Ramasawmy : Je ne sais pas.
Rappelons que l’Irlandaise Michaela Harte a été tuée le 10 janvier 2011 dans sa chambre de l’hôtel Legends, à Grand-Gaube. Les deux accusés sont des employés de l’établissement. Le procès se poursuit lundi.