La Journée de l’alimentation a été célébrée le dimanche 19 octobre. À cette occasion, le Albion Fisheries Research Centre (AFRC) a ouvert ses portes au public afin de lui permettre de découvrir les recherches et expérimentations qui y sont conduites sur les organismes marins dont certains sont consommés par l’homme et, d’autre part, de découvrir ses différents laboratoires, son « fisheries monitoring centre », ainsi que ses activités d’élevage. Une fois la tournée faite dans les différents départements, les visiteurs ont été invités à la aux joies ludiques d’un « fun fishing », pendant que d’autres ont profité d’une visite en bateau. Des projections de films, des activités de face painting pour les enfants, ainsi que la vente des produits de mer ont aussi été au programme de cette journée pleine de découvertes.
De nombreux visiteurs ont été aimablement accueillis tout au long de cette journée du dimanche 19 octobre au Albion Fisheries Research Centre (AFRC), rythmée par d’animations diverses — face painting pour les enfants, fun fishing, et une visite gratuite en bateau de fond de verre. Sous la conduite du scientific officer, Dharmendra Degambur, nous avons visité cette infrastructure de production et de recherche de 3,410m2 incluant des laboratoires biologique, chimique, bactériologique.
La visite commence au Vessel Monitoring System (VMS) division. Dans cette salle du Fisheries Monitoring Centre (FMC), un écran affiche un Sea map de l’ensemble de la zone exclusive de Maurice et des navires de pêche en activité en ce moment dans ces eaux. L’officier Divambal Lutchmanun après avoir examiné avec attention des images satellites nous explique: «Le VMS est un système de suivi par satellite (Inmarsat et Argos) des bateaux qui opèrent dans nos eaux territoriales. Il permet d’enregistrer en temps réel la position des navires, leur vitesse et l’itinéraire qu’ils suivent». Le FMC travaille avec deux stations du National Coast Guard (Headquarters, Port Louis et le Maritime Air Squadron, Plaisance), qui, grâce aux patrouilles aériennes ou maritimes régulières permettent d’identifier et de contrôler des bateaux suspects. «Tous les navires doivent être équipés d’une balise transmettant leur position. Si la balise est éteinte, il se peut qu’il y ait une défaillance technique à bord ou un dysfonctionnement du VMS. Mais il se peut aussi que ce soit un bateau suspect, qui enfreigne les réglementations en vigueur sur la pêche. Un rapport est adressé aux deux stations du NCG. Suite à cela, la police maritime et aérienne font le contrôle de la zone de pêche pour déterminer s’il s’agit d’un navire suspect». Selon l’officier, depuis la mise en place de cette unité en 2005, de plus en plus de bateaux oeuvrent sous licence de Maurice et sont enregistrés au centre de surveillance FMC.
Toxiques
La visite se poursuit dans les trois laboratoires du centre de recherche d’Albion- microbiologie, chimique et poissons toxiques. L’occasion pour le public de prendre connaissance de la façon dont les Technical officers procèdent pour analyser l’eau de mer (laboratoire de microbiologie) et comment ils développent des recherches sur l’identification des poissons et autres organismes toxiques dont des microalgues marines (laboratoire de toxicologie) et de détecter la présence de « ciguatoxin » responsable d’intoxication.
Cette Journée mondiale de l’alimentation était ainsi l’occasion pour les visiteurs d’en savoir plus sur la toxicité de certains types de fruits de mer incluant des poissons de récifs qui sont susceptibles de provoquer un empoisonnement dû à la présence de toxines dont des microalgues marins. Le type le plus commun d’intoxication alimentaire par la chair de poisson chez les Mauriciens est la ciguatera qui à la longue entraîne de la fatigue chronique jusqu’aux hallucinations visuelles ou auditives. Le cheval de bois, la grosse sardine, le crabe onze taches, la laffe, la boule tangue, l’oursin, sont parmi la vingtaine d’organismes marins toxiques répertoriés par le centre de recherche.
À Albion, la journée s’est aussi organisée autour de projections de films et documentaires. Pendant qu’à l’intérieur certains visiteurs assistaient à des projections de documentaires sur les requins (La fosse aux requins) ou encore sur la protection des tortues (Crossing the line), ou sur les techniques de pêches artisanales (Artisanal fishery in Mauritius), dehors, les enfants surtout, ont pu profiter des ateliers de maquillage (face painting) et de dessins sur le thème des animaux marins.
Plus loin, les visiteurs ont eu le plaisir de voir évoluer dans des aquariums des poissons tels que le goldfish ou le berri rouge. Et de découvrir le projet de coral farming initié par le Centre de recherche d’Albion. «Pour faire reproduire les coraux, des fragments ou boutures sont fixés à des tables déposées au fond de l’aquarium. Les tables agissent comme des récifs artificiels. Les coraux y sont déposés afin qu’ils grandissent dans des conditions naturelles. Différentes espèces de coraux sont utilisées pour l’élevage et leur évolution est régulièrement surveillée. Le but de l’élevage permet à terme de récolter des coraux lorsqu’ils sont prêts et de réhabiliter les zones coralliennes en dégradation, nous explique le scientific officer, Dharmendra Degambur. En 2013, le projet a été mené dans 6 différents sites autour de l’île.
Le journée a pris fin sur une note ludique : le fun fishing est très populaire lors des ces journées portes ouvertes au Centre de recherche d’Albion. A cette occasion, des amateurs de la pêche à la ligne qui ont pu appâter des poissons dans un bassin artificiel ont pu conserver leur poisson. Et des stands ont été aménagés pour la vente de produits de mer.