Le directeur du syndicat des sucres Jean-Noël Humbert a, dans une déclaration à la presse ce matin, indiqué que les conclusions du rapport de la Commission européenne sur les perspectives des marchés agricoles dans l’Union européenne constituent  une invitation a poursuivre la réforme  engagée. « C’est une véritable invitation à revoir à nouveau en profondeur les structures et les modes d’opérations de notre secteur sucrier afin de nous donner la possibilité de demeurer parmi les “most competitive origins that have free access to EU Market and will continue exporting to the EU” », a-t-il déclaré. « Le syndicat des sucres est confiant que le secteur sucrier mauricien sera à la hauteur de ce nouveau défi tout comme il l’avait  démontré lors du démantèlement du protocole sucre en 2009. »
Selon Jean-Noël Humbert, le document de la Commission européenne fait état de projections concernant les marchés et les revenus des principaux produits agricoles dans l’Union européenne pour la période précitée. Passant en revue les différentes remarques de la Commission, le syndicat des sucres est d’avis que les développements anticipés par la commission dans son analyse en termes d’accès futur aux marchés et de prix, doivent être « interprétés avec précaution » et « utilisés avec discernement », ainsi qu’ils ne doivent en aucun cas, à ce stade, mener à des conclusions hâtives quant à la compétitivité future de nos exportations. « Une interprétation trop naïve des éléments du rapport incluant un prix du marché en Europe à 416 euros la tonne, qui mettrait à terre la majorité des producteurs sucriers européens, doit être évitée », affirme Jean-Noël Humbert.
Le directeur de Syndicat des sucres a expliqué que le système de quota aux pays ACP a été aboli avec le démantèlement du protocole sucre. Un nouveau système permettant d’importer 3,5 millions de tonnes de sucre hors taxe dans le cadre des accords de partenariat économique a été institué.
Il souligne que l’abolition des quotas, prévue en 2017 – dont fait mention le rapport de la Commission –, concerne la production de sucre de betterave en Europe, qui était soumis jusqu’ici à un contrôle. A partir de 2017, cette production sera libéralisée, ce qui peut constituer une compétition pour les producteur des pays ACP.
Jean-Noël Humbert observe toutefois que, selon l’International Sugar Organisation, la consommation de sucre augmentera de 2% chaque année, soit de 3 millions de tonnes annuellement. On prévoit que la demande additionnelle en 2020 sera de 25 millions de tonnes. Ce qui l’amène à conclure qu’il y aura « toujours de la place pour le sucre mauricien sur le marché international ».