Une ruse. C’est ainsi que Lalit qualifie la décision du gouvernement de mettre sur pied une Akademi Kreol Repiblik Moris (AKRM). Une décision en ce sens a été prise vendredi dernier au Conseil des ministres. Lalit note que ses attributions sont « très vagues » et qu’il n’y a « aucun délai précis » pour cela. Lalit considère donc l’AKRM comme « delaying tactic ».

L’annonce d’une académie consacrée à la langue maternelle est intervenue trois jours après la question parlementaire d’Alan Ganoo, soit sur l’utilisation du kreol à l’Assemblée. Lalit relève que, dans sa réponse, le Premier ministre suppléant, Ivan Collendavelloo, « n’a fait que répéter ce que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait dit deux ans de cela ». Et d’ajouter : « Une réponse vague où l’on parle d’aménagement technique, sans mentionner un comité parlementaire pour travailler dessus, ni donner de date pour aboutir à une solution. »

Autant de raisons qui amènent Lalit à considérer l’Akademi Kreol Repiblik Moris comme un « delaying tactic ». Qu’apportera-t-elle de plus ? « Aucune idée, puisque le but d’une telle démarche est très vague et aucun délai n’a été accordé, une fois de plus », dit-il. Toutefois, relève Lalit, « si le cabinet revoit les attributions de l’AKRM, afin qu’il soit responsable de l’implémentation de 4 à 5 “policies” précis, cela pourrait être très utile ».

Un parallèle est établi avec l’ancienne Akademi Kreol Morisien, qui avait pour but de travailler sur l’orthographe et la grammaire de la langue maternelle, dans le sillage de son introduction à l’école. « Cette nouvelle académie devrait également avoir pour objectif précis l’implémentation d’une “policy”. Tel que c’est actuellement, c’est vague », avance le parti.

Lalit donne à titre d’exemple, comme responsabilité de l’AKRM, le travail sur l’introduction du kreol au parlement, incluant la formation des transcripteurs. L’autre objectif pourrait être la traduction des manuels de science et de mathématiques afin que le contenu soit accessible à la fois en kreol et en anglais. Un autre aspect concerne le soutien technique au Mauritius Examination Syndicate pour l’organisation des examens avec le kreol comme médium. Et finalement, introduire une Kreol Unit dans chaque ministère, avec une série de “crash course” pour que les fonctionnaires apprennent à écrire le kreol.

Lalit fait ressortir qu’en cinq ans, le gouvernement MSM-ML n’a rien fait pour promouvoir le kreol. « Dan parlman li finn zwe mor », dit-il, alors que la réforme de l’éducation « n’a pas pris en considération le fait que la moitié des élèves n’arrive pas à réfléchir activement parce que leur langue maternelle est supprimée ».

Rappelons que le Conseil des ministres a pris la décision vendredi dernier de mettre sur pied l’Akademi Kreol Repiblik Moris, qui aura pour but de développer davantage l’orthographe, la grammaire et le lexique; promouvoir le kreol comme un héritage culturel; encourager les productions écrites et audiovisuelles; publier des recherches linguistiques; promouvoir l’étude du kreol et conseiller le ministère de l’Éducation sur la question.