Jayen Chellum (Photo d'archives)

Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), Jayen Chellum, répond aux accusations portées contre lui par le président et des membres de l’exécutif.

On lui reproche d’avoir lui-même signé un chèque pour l’achat de billet d’avion pour le Portugal et d’avoir puisé d’un compte dédié au salaire du personnel. Mais le principal concerné affirme avoir agi en situation d’urgence, car le prix du billet allait augmenter davantage et que l’argent a été rapidement remboursé par Consumer International. Il a écrit au directeur de l’Independant Commission against Corruption (ICAC) pour lui demander d’enquêter sur ces allégations « au plus vite », afin de « laver » son nom et celui de l’ACIM.

C’est un Jayen Chellum ému qui s’est adressé à la presse, suivant les allégations formulées par le président, Antoine Cangy, le vice-président, Poorranarnenden Sungeelee, et le membre de l’exécutif Soobash Hurree. Il maintient qu’il a bien signé un chèque et qu’à aucun moment il n’y a eu de malversations.

« Les règlements permettent au secrétaire général de signer des chèques quand le président n’est pas au bureau. Cela a toujours été ainsi. De plus, ce chèque était adressé à l’agence de voyages avec laquelle le billet a été acheté. L’argent n’est pas entré dans mes poches. Si jamais M. Hurree veut faire croire que j’ai empoché l’argent, il doit avoir le courage de le dire clairement. »

Le secrétaire général de l’ACIM relate que le 27 mars dernier, le comité exécutif a pris connaissance de l’invitation de Consumer International pour un sommet mondial au Portugal. Se référant aux “minutes” de cette réunion, il affirme que le comité était d’accord pour que le secrétaire général y participe, à condition de trouver les fonds nécessaires. C’est ainsi qu’il a négocié avec Consumer International pour obtenir un billet d’avion à cet effet.

« Ils m’ont proposé un billet au coût de 1 645 livres sterling, ce qui représente environ Rs 73 000. Comme à Maurice on pouvait avoir le billet pour bien moins cher, soit à Rs 43 000, nous avons proposé de le prendre ici. Ensuite le billet est passé à Rs 44 000 et il était prévu qu’il baisse, donc nous avons attendu. Mais au final, il a augmenté à Rs 63 000. C’est une pratique courante dans ce secteur. L’agence nous ayant avertis que le billet pourrait continuer à augmenter, et j’ai pris l’option de signer un chèque, comme cela se fait couramment et, surtout, du fait que le comité avait déjà donné son aval pour ce déplacement. »

Jayen Chellum soutient que l’argent a été remboursé six jours plus tard et que Consumer International a économisé la différence sur le billet. Il déplore le fait que pendant son absence, les contestataires ont alerté le Registrar, qui est venu enquêter au bureau de l’ACIM, « mais n’a rien trouvé ». Ces derniers ayant décidé de porter plainte à l’ICAC, Jayen Chellum a, à son tour, écrit au directeur de l’institution pour demander que l’enquête se fasse au plus vite afin de « laver » son nom et celui de l’ACIM. Une copie de la lettre a été adressée au National CSR Committee, au ministère des Finances et au Registrar of Association.

Il ajoute que la dernière fois qu’il a voyagé au nom de l’association remonte à 2007. « Auparavant, entre 1990 et 2003, alors que j’étais membre exécutif de Consumer International, je voyageais deux fois par an pour les réunions. Mais depuis, je n’ai voyagé qu’une fois, en 2007, et cette fois, en 2019. Je dois aussi préciser que généralement, ce sont les secrétaires généraux des associations qui assistent à ce genre de rencontre. »
Ce dernier dit également que les comptes de l’association sont tenus dans un cahier que tous les membres peuvent consulter à tout moment.

« S’ils avaient quelque chose à me reprocher, ils auraient dû suivre les “rules” de l’association pour les procédures, et non pas aller faire des allégations gratuites dans les médias. Quelles étaient leurs intentions ? Nuire à ma réputation ? » Jayen Chellum soutient également avoir été « menacé » par le président et qu’un sous-comité mis en place suivant ces événements avait recommandé que ce dernier “step down”. Il ne cache pas son étonnement de voir deux personnes qui siégeaient dans ce comité, à savoir Subash Huree et Poorranarnenden Sungeelee, se ranger par la suite du côté du président.

Jayen Chellum dit défendre les droits des consommateurs par conviction depuis 30 ans, en dépit du fait qu’il ne touche qu’un salaire de Rs 23 000 et qu’il soit détenteur d’une licence en chimie. Au cours de sa conférence de presse, Jayen Chellum était entouré de plusieurs membres de l’exécutif, dont Khalid Emambokus, Jayraz Mahadowa, Joseph Samson et Roland Duval.