C’est samedi prochain que l’Alliance Lepep présentera les candidats qui brigueront les élections du 10 décembre sous sa bannière. Lors de la conférence de presse de l’Alliance Lepep hier après-midi au Sun Trust Building, siège du MSM, Pravind Jugnauth, un des quatre dirigeants de cette alliance, a annoncé la présentation des 60 candidats pour le 15 novembre.
Invité par la presse à commenter la liste des candidats de l’Alliance de l’Unité et de la Modernité dévoilée hier matin, Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, qui s’est exprimé à ce sujet, a dit noter que des ministres PTr, seulement sept ont obtenu une investiture dans leur circonscription. « Li montre klerman ki le res minis pa finn rann lapel ni dan zot travay ni lor teren ek zot responsabilite anver zot mandan. 16 députés travaillistes ont été privés de tickets, ce qui reflète la performance de ceux-ci, en particulier Rashid Beebeejaun, Abu Kassenally, Shakeel Mohamed, Reza Isack, Cader Sayed-Hossen… C’est un constat accablant de la performance des ministres et députés travaillistes », a déclaré Xavier-Luc Duval.
Ironisant, sir Anerood Jugnauth, leader de l’Alliance Lepep, présent hier, s’est dit d’avis « que Navin Ramgoolam aurait dû lui aussi faire partie des (candidats) exclus » du Parti Travailliste. Toutefois, avec la proclamation de la date des élections générales, le pays, selon SAJ, « est soulagé ». Et de poursuivre : « Depuis la dissolution du parlement, la population était en suspens. Il y a eu beaucoup de spéculations. Le Premier ministre a au moins décidé une fois pour toutes qu’il nous fallait aller vers les élections. Pouvwar inn retourn dan lame popilasion. Kan ena eleksion ki li pou kapav deside a ki li pou deleg sa pouvwar la pou diriz sa pei-la. » La date des légisatives étant désormais connue, SAJ estime que la campagne va s’accélérer et s’est dit « de plus en plus confiant de remporter les élections avec une bonne majorité ! »
Sir Anerood Jugnauth a néanmoins lancé un appel à l’électorat pour « ne pas se laisser berner » par, non seulement les petits partis et leurs mises en garde contre les partis de longue date, mais aussi « par toute sorte de promesses » et de prendre conscience que l’alliance rouge-mauve comprend un gouvernement qui est appelé à rendre des comptes.
« Il doit faire le bilan de ses réalisations depuis au moins 2005. Est-ce que la population vit mieux aujourd’hui ? Est-ce que le pays a progressé ou non ? Mais tout se dégrade. La population ne fait plus confiance à la justice, le taux du chômage a augmenté… Malgré cela, ils ne font rien pour regagner la confiance de la population. Ils font l’impasse dessus. Zordi zot vinn dir ou donn zot pouvwar. C’est à ce moment-là, qu’ils vont créer de l’emploi et ramèneront le taux de croissance à 6%. Mais qu’ont-ils fait pendant tout le temps qu’ils étaient au pouvoir ? » s’est interrogé sir Anerood Jugnauth.
Ce dernier, qui a fait une sortie contre le leader du PTr et Premier ministre, Navin Ramgoolam, lui a reproché de ne pas reconnaître que les rouges de sir Seewoosagur Ramgoolam avait conduit le pays vers la faillite économique en 1982. « Il est trop facile de faire des promesses sans bilan ! » a insisté SAJ. Le leader de l’Alliance Lepep n’a pas épargné Paul Bérenger, leader du MMM, rappelant que celui-ci a pendant longtemps décrié les injustices et la politique de « petits copains » pratiquée au nom de la démocratisation de l’économie. SAJ a déploré les critiques de Paul Bérenger contre les avocats qui se sont exprimés sur la IIe République. « Il se veut plus spécialiste que des spécialistes ! » La IIe République, a-t-il dit, aura pour conséquence l’instabilité dans le pays.
SAJ, qui depuis ces derniers temps demande aux électeurs de ne pas « gaspiller leurs votes » avec les petits partis, a réitéré son appel. « Ces petits partis disent que les autres sont tous pareils ! Je dois rappeler que ce sont les grands partis qui ont sorti pays de la banqueroute en 1982 et que, depuis, nous sommes toujours là (…) » a souligné SAJ. Il a aussi demandé à la population ne pas « get kominote kan vote », mais de voter pour des candidats en qui elle a confiance.
Sanctionner l’égoïsme de deux personnes
Pour Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre pressenti dans un éventuel gouvernement de l’Alliance Lepep, « 2014 restera dans l’histoire comme étant une année perdue ! » Et ce parce que le pays a fonctionné au ralenti, le conseil des ministres a « chômé », le parlement n’a pas siégé pendant presque une année, le budget 2014 n’a pas été implémenté. « Le pays a souffert à cause de l’égoïsme de deux personnes qui ont pris quasiment une année pour négocier un accord pour leur satisfaction personnelle. On demande à la population de sanctionner l’égoïsme qui a fait du tort au pays pendant une année », a déclaré Xavier-Luc Duval.
Le leader du PMSD dit n’avoir « jamais vu un projet d’amendement constitutionnel aussi vilipendé et critiqué dans la presse ». Insistant sur l’importance des élections à venir, ce dernier a fait ressortir la tentative des adversaires directs de l’Alliance Lepep de refuser le débat sur les arguments pour et contre l’amendement constitutionnel. « Se enn eleksion ki pe amene de manyer ipokrit par lalians MMM-PTr », a dit le leader des bleus. « Après dix ans, occupé par le même pouvoir, le pays, a poursuivi ce dernier, a besoin d’une nouvelle équipe ».
Et de dénoncer justement l’utilisation d’un véhicule de l’État par la députée sortant Nita Deerpalsing pour faire sa campagne au N°18. Xavier-Luc Duval, qui a révélé l’immatriculation et fait la description du véhicule, a expliqué que « le parlement ayant fermé ses portes depuis un mois, Nita Deerpalsing n’a plus droit à une voiture de l’État ». Il s’est demandé « comment Nita Deerpalsing est arrivée à utiliser une voiture appartenant à la force policière ! »
D’autre part, le n°2 d’un éventuel gouvernement de l’Alliance Lepep, a relevé qu’alors que le prix de l’essence a baissé par 26% sur le marché international, depuis 2011, à Maurice, celui du carburant a connu une hausse. « Dapre mo kalkil, petrol ek diesel ti kapav bese par Rs 10 », a explique Xavier-Luc Duval.
Revenant sur sa rencontre avec la ministre des Affaires étrangères indienne, Sushma Swaraj, le leader du MSM et de l’opposition, Pravind Jugnauth, a fustigé Navin Ramgoolam pour « son manque de respect » à l’égard de la n°3 du gouvernement de Narendra Modi. Navin Ramgoolam a fait, dit-il, des révélations mensongères sur la teneur de la discussion entre lui et Sushma Swaraj. « Navin Ramgoolam a dit que la ministre aurait dévoilé la teneur de la conversation que j’ai eue avec elle (…) Li dir swa disan monn koz lor lakor ant travayis ek MMM, lor partaz tiket 30-30… Je n’ai pas de temps à perdre ni avec l’accord PTr-MMM ni avec le nombre de tickets. J’ai discuté de sujets de grande importance avec la ministre des Affaires étrangères et je ne vais pas divulgué la teneur de ma discussion. Toutefois, je peux assurer que ses officiers étaient présents pendant cette rencontre et ils ont pris des notes. Était également présent, le Haut Commissaire de l’Inde. Il pourra en témoigner ! » a déclaré Pravind Jugnauth. Selon ce dernier, Navin Ramgoolam n’est pas à son premier mensonge diplomatique.
Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater, qui est aussi intervenu, a parlé sur la cohésion qui existe entre les trois composants de l’Alliance Lepep.