Cet appel, je le fais en tant que fondateur de l’ancienne Ligue contre le crime, qui avait été mise en place quand, fin 2004, l’Ile Maurice s’était retrouvée devant 52 cas de crime de sang irrésolus et que le pays faisait face à une montée en puissance de la criminalité en tous genres. Le but d’alors n’était pas de découdre le fil de cette complexité sociale de la population mauricienne qui nous avait mené à cette situation, mais bien, devant l’urgence – de toute vie menacée -, de faire des propositions afin d’aller plus vite en matière de solutions à apporter : laisser de côté les analyses expliquées et foncer directement dans les propositions devant cette urgence. Ces propositions, pour qu’elles ne soient pas liberticides, étaient des mesures à prendre et non des lois à apporter.
Dans ce contexte et à ce moment précis, les cas rapportés avaient un impact psychologique nouveau sur le Mauricien, sur la conscience collective de la population qui s’en indignait pleinement, et sur l’accroissement des sentiments et des émotions que ces cas pouvaient susciter au sein de l’opinion. Ce fait nouveau à notre société était l’avènement de trois radios privées dans le paysage médiatique, et donc d’une amplification du traitement de l’information (presque) en temps réel par ces stations, qui s’intéressaient toutes à la sécurité publique de très près. Même s’il ne faut jamais s’accommoder des infractions de moindre importance ou graves, il semble, une dizaine d’années plus tard, que nous nous sommes habitués à les assimiler, les lire, les entendre, et en discuter banalement. Mais il ne faut pas, justement, que chaque infraction soit une inclinaison immuable de notre cadre de vie, que l’on accepte que ce soit la norme.