Le Premier ministre Navin Ramgoolam est attendu au pays cet après-midi après avoir participé à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique. Il s’est entretenu pendant une demi-heure hier avec son homologue japonais Shinzo Abe. À cette occasion, le chef du gouvernement mauricien a remercié M. Abe pour le don d’un système de radar météorologique au pays.
Les deux chefs de gouvernement ont passé en revue l’état des relations économiques et diplomatiques entre les deux pays. Navin Ramgoolam a répondu favorablement à la demande japonaise de soutenir la candidature d’une ville du Japon à l’organisation des Jeux olympiques de 2020. De plus, Maurice soutiendra également la candidature de ce pays comme membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations unies en 2015.
Le Japon s’est engagé à approfondir sa coopération avec Maurice dans le domaine de l’environnement, du changement climatique et de la gestion des désastres naturels. Navin Ramgoolam a invité ce pays à explorer de nouvelles possibilités de partenariat au niveau de l’exploitation des ressources des eaux territoriales de l’île, dont la superficie couvre 2,3 millions de kilomètres carrés.
Le Premier ministre a aussi lancé un appel au gouvernement japonais pour aider à la concrétisation du projet initié par la firme Hitachi à Maurice. Cette dernière cherche à exploiter les eaux super-froides des fonds de l’océan à des fins énergétiques. Navin Ramgoolam a aussi demandé au Japon d’étudier la possibilité d’étendre une ligne de crédit en vue de permettre l’acquisition de 100 autobus japonais équipés spécialement pour le transport public. Le Premier ministre japonais s’est pour sa part engagé à étudier les demandes du gouvernement mauricien.
Auparavant, Navin Ramgoolam avait souligné que depuis 2009, le gouvernement mauricien appuie les résolutions du Japon au niveau des instances internationales pour condamner les violations des droits humains en Corée du Nord. La partie japonaise a exprimé sa satisfaction quant à ce soutien diplomatique de Maurice.
« Je comprends que Maurice est un très beau pays et je souhaiterais pouvoir le visiter un jour », a déclaré Shinzo Abe. Navin Ramgoolam devait lui répondre : « Ce serait un immense plaisir pour mon pays de vous accueillir chez nous. »
Par ailleurs, le PM est intervenu samedi devant les chefs d’État africains et des dirigeants japonais réunis à Yokohama dans le cadre de la cinquième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD V). Son intervention était axée sur les défis de développement auxquels fait face le continent africain et sur la stratégie que Maurice a adoptée pour vaincre ses vulnérabilités en tant que petit pays insulaire.
Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a reçu, dimanche, la délégation mauricienne dirigée par le Premier ministre. Lors de cette rencontre, le PM a fait un plaidoyer pour une action soutenue des Nations unies en faveur des petits États insulaires en développement (SIDS) qui sont les plus menacés par le changement climatique.
Navin Ramgoolam a aussi évoqué la situation à Madagascar et l’échec des démarches entreprises jusqu’ici pour donner au peuple malgache le choix de s’exprimer démocratiquement à travers des élections libres. Il a également fait part au secrétaire général des Nations unies de la contribution de Maurice dans la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien et des poursuites engagées contre des pirates sur notre territoire.
Lors des échanges de vue, le PM a affirmé à Ban Ki-moon que Maurice a déjà réalisé presque tous les Millennium Development Goals fixés par les Nations unies en 2000. Réagissant à l’affirmation de Navin Ramgoolam à l’effet que Maurice sera en mesure de produire en 2025 quelque 35 % de ses besoins en énergie par l’exploitation de sources d’énergies renouvelables, Ban Ki-moon a salué l’effort du pays. Il est d’avis qu’à ce rythme, Maurice dépassera très vite les objectifs fixés par les Nations unies.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, Arvin Boolell, faisait aussi partie de la délégation mauricienne. À l’issue de la rencontre, Ban Ki-moon a exprimé le souhait de pouvoir visiter Maurice.