Au lendemain du meurtre de Janice Ferman qui a mis le petit village d’Albion en émoi, les habitants ont décidé de se rencontrer au centre communautaire de Camp Créole ? Albion. Le spectre du meurtre de Nadine Dantier en 2003 a ressurgi. Dans cette région depuis peu sous les feux des projecteurs, les Albionnais ont peur.
Une centaine de personnes s’est déplacée, hier, pour discuter avec les forces policières de la région et pour remettre à jour le Neighbourhood Watch. Après le drame de jeudi à Albion, les habitants veulent se serrer les coudes afin de minimiser tout risque d’agression et de maximiser la sécurité dans la région visée par les voyous en tout genre. “Albion était un beau village où il faisait bon vivre. Depuis 2 ou 3 ans, les choses ont commencé à empirer. Les gens vivent dans la crainte, ils ont peur d’être victimes de cambriolage, ou pire encore”, explique Françoise Gaiqui, conseillère du village d’Albion et qui y vit depuis 17 ans. “Ma voisine s’est récemment fait agresser, c’est alarmant. J’espère que les choses s’arrangeront”, confie-t-elle.
L’inquiétude règne
Dans la petite foule qui s’est amassée dans la cour du centre communautaire de Camp Créole, plusieurs voisins se reconnaissent et se disent bonjour. Mais l’atmosphère est pesante, ils veulent se sentir de nouveau en sécurité chez eux. “On habite à deux rues de la maison de Janice Farman. On ne se sent pas en sécurité. Il y a beaucoup trop de terrains en friche et de maisons abandonnées”, dit une habitante. “Les lampadaires ne fonctionnent pas par endroits, c’est mal éclairé”, nous lance un autre habitant inquiet.
Un couple âgé a aussi fait le déplacement. “Il aurait fallu avoir davantage de patrouilles pour décourager les voyous et aussi pour nous rassurer. Il y a beaucoup de personnes âgées à risque qui vivent dans cette région”, disent-ils. Même son de cloche du côté des autres habitants : l’inquiétude règne. Yovan Latour s’est fait cambrioler 2 fois en 6 mois. Selon lui, il faut nettoyer les terrains vagues et demander aux propriétaires – souvent à l’étranger – de prendre les dispositions nécessaires. En effet, c’est le modus operandi le plus commun des malfrats qui se cachent dans “les hautes broussailles des terrains vagues”, soutient Tony Ah Yu dans une lettre ouverte qu’il a adressée au Commissaire de Police, vendredi.