La mort est l’ultime raison.Firoz Ghanty évoque l’incompréhension des hommes notamment à propos de Dieu, du Diable, des génies… Or les réponses sont dans la nature : le négatif et le positif ; le masculin et le féminin ; la vie et la mort. Aussi vrai que l’instinct de vie existe, l’instinct de mort est réel. Il incite à prendre des risques. À se mettre en danger. L’aventure n’est-elle pas faite de peur et d’angoisse ? Dans toute chose subsiste la contradiction qui permet un équilibre. Une conviction intime que Firoz Ghanty expose à travers Mors Ultima Ratio jusqu’au 4 septembre à la Maison Ghanty, Cascadelle, Beau-Bassin.
Arrive une position où les contradictions sont irréconciliables : de ce chambardement naîtra un nouvel ordre qui appellera ses propres contradictions, jusqu’au prochain chaos. Ce conflit est présent en toute chose. C’est un cycle permanent : une graine devient un arbre qui rapporte des fruits, qui donneront des arbres, et ceux-ci remplaceront celui qui est mort. Alors que les homes s’interrogent ou pas sur la rédemption, le paradis et l’enfer, le plasticien, lui, ne croit plus en rien. Il n’y a aucune raison d’attribuer d’autre raison à la vie, sinon la vie elle-même ! dixit Firoz Ghanty.
La mort est une certitude. Bien que l’idée du trépas soit inacceptable pour beaucoup. Certains veulent laisser une trace que l’Histoire retiendra, d’autres font des enfants pour se survivre. L’artiste rigole dans sa grande barbe, se fout éperdument de la postérité. “Je n’ai aucune envie de me survivre. Autrefois j’avais le souci de l’après ; aujourd’hui, je ne suis plus dans ce souci, puisque je ne serai plus là pour le gérer.” Il se préoccupe de l’instant présent sans se soucier outre mesure du futur.
L’art est une autre certitude. Car l’oeuvre est façonnée de sa pensée et de ses propres mains. Avec le temps l’artiste précise sa pensée et peaufine son oeuvre. Il reste fidèle au discours tenu lors de ses précédentes expositions. Chacun verra à la Maison Ghanty, ce qu’il saisira des pièces de Mors Ultima Ratio. Selon sa sensibilité et sa réceptivité. Disons simplement que d’une sérigraphie servant de toile de fond se détachent des motifs qui se libèrent du connu…
La création est jouissance mais est aussi souffrance. Exprimer des faits contemporains en puisant de son inconscient ou des méandres de ses angoisses, exige de l’artiste une introspection et un état de concentration absolu afin de sortir l’oeuvre du matériau brut. Le façonner pour lui faire dire quelque chose de soi. Quelque chose d’universel. Firoz Ghanty tient pour maîtres l’art et la philosophie.