Artistes, écrivains et autres personnalités du monde des arts et de la culture se sont emparés du discours sur l’art lors du « Arts Symposium 2011, Advancing the Arts » qui s’est déroulé la semaine dernière aux Seychelles. 
L’artiste mauricien et coordonnateur de l’association pARTage, Krishna Luchoomun, a fait une présentation de la scène artistique à Maurice et a évoqué les objectifs de son association. De retour à Maurice, il nous parle de l’art contemporain qui devient de plus en plus notre contemporain et comment les artistes montrent ce qui vit vraiment au présent et pour l’avenir. Krishna Luchoomun nous assure d’abord de la volonté de tant d’acteurs aux Seychelles d’évoluer en fonction d’une époque qui change. Le paysage artistique dans la région a été passé en revue. L’on a parlé des défis à relever en matière d’art contemporain. Krishna nous dit qu’aux Seychelles on est encore au stade de la « peinture exotique » et que le marché de l’art n’a pas encouragé l’éclosion d’oeuvres plus inventives. A Maurice, dit-il, contrairement aux Seychelles, certains artistes sont en adéquation avec l’art contemporain et travaillent dans cette direction depuis plus d’une dizaine d’années pour être dans la mouvance de ce qui se fait au niveau international. Cependant, s’il y a une certaine liberté, une curiosité, un éloignement à l’égard de toute pensée artistique formatée, beaucoup reste à faire. Krishna Luchoomun parle de l’absence d’une véritable galerie d’art, de musée pour exposer les oeuvres d’artistes. Il parle sans complaisance de ces manifestations artistiques (biennales, salons) qui ne sont pas d’un bon niveau. Mais il convient que ces dernières années des subventions relevant des pouvoirs publics existent pour venir en aide aux artistes locaux. Krishna Luchoomun a montré en tant que responsable d’une association comment pARTage tente de contribuer à faire sortir les oeuvres des ateliers, à exposer des artistes africains et à créer des échanges entre différents réseaux artistiques. Il a aussi évoqué les valeurs et les représentations en matière d’art contemporain. L’action culturelle, le développement soutenable, quelle politique culturelle dans une société créative ? : autant de questions traitées lors du Symposium de l’art aux Seychelles. Tous les pays sont confrontés à ces défis et ceux de la région sont d’autant plus exposés qu’ils se veulent ambitieux dans ce domaine. Et, enfin, pour poursuivre les objectifs de création et de démocratisation, Krishna Luchoomun a fait la proposition d’une biennale tournante dans les îles de l’océan Indien (tous les deux ans). Un vaste projet qui devrait interpeler nos décideurs culturels.