L’athlétisme mauricien été, une fois de plus, l’une des locomotives du Club Maurice à ces 9es Jeux des îles. Au total, 19 médailles d’or ont été remportées, mais il faut bien souligner que dix l’ont été en handisport.
Dès dimanche dernier, la Rodriguaise Antoinette Milazar avait sonné la charge, à St Paul, à l’issue d’une belle performance lors semi-marathon. C’était la première médaille d’or de Maurice, qui en a appelé d’autres et pas seulement sur la piste du stade olympique de St-Paul.
La barre des 12 médailles d’or fixée par l’Association mauricienne d’athlétisme (AMA) n’a pas été atteinte. Il n’empêche que les Mauriciens auraient pu mieux faire si, à titre d’exemple, Paramasiven Samynaden ou encore Mohamad Dookun avaient mieux calculé leur coup au 1500 m. Malheureusement, ils se sont faits reprendre à quelques foulées seulement de l’arrivée par le Malgache Heri Rokotoarimanana pour se contenter des deuxième et troisième places respectivement, alors que le doublé était à leur portée.
De cette compétition d’athlétisme, on retiendra le triplé historique réalisé au javelot féminin par Jessica Rosun, Vanessa Colin et Bernadette Perrine. Ces dernières imitent un autre triplé historique réalisé au saut en longueur aux premiers Jeux de 1979… à La Réunion. La performance de Vivian Rivière, Patrick Stanley et Jean Chelin est d’ailleurs restée, jusqu’à ce jour, intouchable.
Que dire aussi de la performance de Nicholas Li Yun Fong au marteau, si ce n’est qu’il a fait ce qu’on attendait de lui en remportant sa quatrième médaille d’or d’affilée depuis les Jeux de 2003 à Maurice.
Même si le pays ne s’est pas imposée dans l’épreuve reine, les sprinters ont quand même remporté les relais 4x100m féminin et masculin. Au 200 m, le jeune Jonathan Permal a remporté sa toute première médaille d’or aux Jeux, tout comme Jessica Rosun au javelot et Karina Jolicoeur au triple saut.
Et puisqu’on parle de triple saut, comment ne pas mentionner cette performance de Jonathan Drack qui, dès son premier essai, a réalisé 17,05m. Ce qui aurait pu être un nouveau record de Maurice n’a finalement pas été homologué en raison d’un vent trop favorable.
Tout de suite après sa performance et sa médaille d’or dans la valise, Jonathan Drack a remis le cap sur la France où il vit et travaille en attendant de repartir pour Pékin (Chine), où il compte faire son maximum pour être en finale des championnats du monde à la fin du mois (du 22 au 30).
Quant aux handisportifs, ils ont été sublimes au cours de ces Jeux. Tout comme les valides, ils ont fait vibrer la foule mauricienne présente au stade olympique de St-Paul. On parlera d’abord de cette belle performance de Vincent Duval chez les sourds, qui a réalisé un exploit en réalisant un nouveau doublé après celui des Seychelles il y a quatre ans. Une fois encore, il s’est imposé au 200m et à la longueur. Il vise maintenant une qualification pour les championnats du monde des sourds de 2016 prévue à Sofia en Bulgarie. Jean-François Sénèque a lui changé sa médaille d’argent acquise au poids aux Seychelles pour l’or.
L’autre belle image est celle de Rozar Mariannne au 100m non-voyant qui, à 36 ans, remporte sa toute première d’or aux Jeux des îles. Il compte maintenant s’attaquer aux Jeux d’Afrique prévus prochainement au Congo et reste déterminé comme jamais pour décrocher une qualification pour les Jeux Paralympiques, prévus l’année prochaine à Rio au Brésil.
Un autre bon souvenir est l’épreuve du 100 m non-voyant. Dans cette course à deux entre la Mauricienne Andora Assaun (Mau) et la Réunionnaise Elvina Vidot, cette dernière s’imposa facilement. La première nommée était presque au bord des larmes après cette course. « Je m’entraîne depuis janvier et je suis un peu déçue de ne pas avoir remporté la médaille d’or. Mais ce n’est pas grave, puisque j’ai une chance extraordinaire d’être aux Jeux des îles. Je travaillerai très dur pour la décrocher dans quatre ans », avait-elle déclaré.
Elle n’aura finalement pas eu à attendre quatre ans, puisqu’elle a été déclarée vainqueur sur tapis vert après la disqualification de son adversaire, qui n’avait pas porté des lunettes réglementaires.