L’enjeu de la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien a retenu l’attention lors du sommet du Commonwealth (CHOGM 2011), qui se déroule actuellement à Perth en Australie. La baronne Catherine Ashton, European Union High Representative pour les Affaires étrangères et la Sécurité, et Kevin Rudd, ministre des Affaires étrangères d’Australie, ont coprésidé une séance de travail de haut niveau de l’Indian Ocean Forum on Piracy en marge de la séance plénière de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth hier.
Selon des sources mauriciennes à Perth, les principaux intervenants lors de cette session spéciale ont mis en exergue le rôle proactif assumé jusqu’ici par Maurice dans le cadre de la lutte contre la piraterie dans cette partie de l’océan Indien. D’ailleurs le communiqué officiel, émis après la réunion d’hier à Perth sur le site web de la Commission européenne, souligne l’importance du plan d’action élaboré dans le pays en octobre 2010 en vue d’atténuer les risques et les coûts élevés de piraterie pour l’économie régionale.
« Participants agreed that regional ownership and burden sharing was essential and therefore attached great importance to support the regional anti-piracy strategy and action plan adopted in Mauritius in October 2010 by the Eastern and Southern African and the Indian Ocean regions », note le document officiel de la Commission européenne, qui fait état des retombées de ces consultations.
L’Indian Ocean Forum on Piracy évoque son « deep concern at the threat posed by piracy and armed robbery against ships in the Indian Ocean ». Les principaux intervenants ont mis l’accent sur l’importance d’une approche coordonnée à tous les niveaux, que ce soit sur le plan bilatéral ou interrégional avec le soutien des organisations et institutions internationales, comme le Commonwealth ou encore l’Union européenne (UE).
Une participation plus active du Commonwealth Secretariat en matière de coopération sur le plan légal ou des procédures pour traduire en justice les criminels est envisagée. « The forum also endorsed the targeted international and regional approaches to tackling piracy […] Noting the forum was held in the margins of CHOGM 2011, the participants encouraged common law countries to work together in support of criminal justice approaches to countering piracy and urged the Commonwealth Secretariat to keep this work under active consideration », avance l’UE.
Commentant l’issue des échanges au sein de l’Indian Ocean Forum on Piracy, le ministre australien des Affaires étrangères Kevin Rudd a confirmé la décision d’accueillir une conférence internationale à Perth l’année prochaine. Ceci dû au fait que « piracy has surged this year, with Somali pirates in particular stepping up their attacks despite increased efforts to curb them ». Depuis le début de l’année à ce jour, les pirates ont pris en otage 316 membres d’équipage se trouvant sur une quinzaine de cargos attaqués au large de la Somalie.
Kevin Rudd n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les auteurs d’actes de piraterie. « Piracy off the Horn of Africa has seen murders and hundreds of seafarers taken hostage. Piracy has also increased the costs of international trade and done enormous harm to regional countries’ fishing and tourist industries », s’est appesanti le chef de la diplomatie australienne en réitérant l’un des plus récents appels du Conseil de sécurité des Nations unies demandant aux États membres de décréter la piraterie comme un crime.
« More must be done to prosecute, convict and imprison pirates », a déclaré le ministre des Affaires étrangères d’Australie. Il a aussi rappelé l’urgence de « diplomatic efforts to address the drivers of Somali piracy through initiatives to build governance, security and economic livelihoods on land in Somalia were one crucial way to address the root causes of piracy off the Horn of Africa ».
Pas moins de 24 pays et organisations internationales sur une cinquantaine, qui ont fait le déplacement à Perth pour participer aux délibérations du Commonwealth Heads of Government Meeting 2011, étaient présents hier au Indian Ocean Forum on Piracy. Parmi l’on retrouvait les délégations des pays riverains du bassin océan Indien, soit de Maurice à l’Inde en passant par les Seychelles en Singapour sans oublier le Canada, la Grande-Bretagne, les Antigues, les Émirats arabes unis et l’UE.