La conférence sur l’autisme animée vendredi dernier par Josef Schovanec à la salle des conférences du Plaza a tenu toutes ses promesses. Autisme Maurice a voulu sensibiliser les gens sur l’importance de s’informer sur ce phénomène. La conférence a démarré avec la passation de la présidence de Pôle Autisme océan Indien entre La Réunion et Maurice, et ce en présence de la présidente d’Autisme des Seychelles. La présidence est revenue cette année à Yasmin Affejee d’Autisme Maurice.
Pour l’occasion, Nathalie Faucher, présidente d’Autisme Réunion, et Lyn Lavigne, d’Autisme Seychelles étaient présentes. Nathalie Faucher estime que la signature de cette convention était nécessaire. « J’arrive à la fin de mon mandat et le pôle Autisme océan Indien est important car il permet de s’occuper des uns et des autres et aide les parents à se fédérer entre eux. Les parents sont déphasés car ils n’ont pas de lieu identitaire et le message que je lance est qu’il faut aider les associations et vous, parents, vous devez toujours défendre la cause de vos enfants autistes. Il faut toujours raviver cette flamme. On espère avoir des associations d’autisme à Mayotte et à Madagascar également. »
Yasmin Affejee se félicite de la venue de Josef Schovanec qui, dit-elle, malgré son emploi du temps chargé, a pu être à Maurice. « Il a su nous transporter en nous contant sa propre expérience en tant qu’autiste et, surtout, en nous démontrant comment vivre avec en ayant une vie riche et remplie. Josef a fait face à plusieurs obstacles et s’est même retrouvé à l’hôpital psychiatrique. » Ce pôle Autisme océan Indien, comme le décrit Yasmin Affejee, regroupe les îles et démontre cette volonté de faire avancer les choses. C’est à La Réunion que le premier centre de l’Autisme a vu le jour. « Une des missions premières de cette association entre les différentes îles est de créer des liens en vue de s’entraider », dit-elle. « On doit mettre en place une campagne de sensibilisation et s’assurer que les familles qui ont un enfant autiste peuvent l’élever en ayant le support adéquat. »
Autisme Maurice a été créée en 2009 par des parents qui avaient des enfants autistes et qui ne savaient pas comment s’en occuper par manque de services appropriés. Démarrant comme support parental, Autisme Maurice s’est vite développée en apportant des aides spécialisées à des enfants autistes de 5 ans et plus. Yasmin Affejee poursuit : « Until now our financial support has been from CSR or private donations with minimal support from the government. Last year was a particularly tough year for us with the changes in the CSR framework meaning we are left with no choice but to temporarily close down our diagnosis service. The biggest tragedy of all is that we still receive calls daily from desperate parents looking for support and a diagnosis for their child or a place in our school. » Elle dit également souhaiter que le gouvernement apporte une aide sur une longue durée de manière à ce qu’Autisme Maurice puisse encadrer à la fois les enfants et les adultes autistes en leur procurant un service de niveau international. « Il faut faire un dépistage à un très jeune âge afin qu’en grandissant, ces enfants, devenus adultes, ne soient pas un fardeau pour la société. Il y a une totale absence de soins spécialisés due à un manquement financier et il est faux de croire qu’un hôpital psychiatrique est idéal pour les autistes. Cela ne ferait qu’empirer leur cas. » Au bout de quatre ans d’opération, Autisme Maurice a dû, en 2016, procéder à la fermeture du Centre de Diagnostic, le CEDAM, faute de moyens financiers. Géraldine Aliphon, d’Autisme Maurice, dira qu’il ne faut pas baisser les bras. « On souhaite relancer ce centre, qui est bénéfique pour les autistes. »