Dix-sept semaines après des “Freezing and Disclosure Orders” obtenus en Cour suprême suite à des motions de l’Assets Recovery Unit de l’Office of the Director of Public Prosecutions, les deux filles du Chairman Emeritus de la BAI, Adeela Rawat-Feistritzer et Laina Rawat-Burns, pourront accéder à leurs comptes en banque. C’est ce qu’a en effet décidé le chef juge Keshoe Parsad Matadeen ce matin en Cour suprême à l’appel de l’affaire pour un dégel logée par les conseils légaux des parties concernées, dont Me Gavin Glover, Senior Counsel. Entre-temps, au QG du Central CID, le Chief Operating Officer de la BAI Co (Mtius) Ltd, Seemadree Rajanah, est revenu pour son troisième jour d’interrogatoire “Under Warning” dans l’enquête sur le détournement et le blanchiment de Rs 6 milliards en faveur de Dawood Rawat, détenteur de la Légion d’Honneur de la République française.
En Cour suprême ce matin, les deux soeurs Rawat ont connu des fortunes diverses. La représentante du DPP a indiqué que le Restraining Order sur les comptes bancaires du couple Rawat-Feirstrizer, soit Adeela Rawat et Claudio Feistritzer, a été levé. Toutefois, leurs biens mobiliers et immobiliers restent gelés vu qu’ils sont sous le coup d’une saisie par l’Assets Recovery Unit du bureau du DPP dans le cadre de l’opération “Daylight Robbery”.
Pour sa part, Laina Rawat-Burns, elle, ne pourra effectuer que des retraits mensuels de Rs 100 000 pour subvenir aux besoins de sa famille et payer les honoraires de ses conseils légaux. Or, elle avait logé une motion réclamant des retraits mensuels de Rs 150 000.
Dans un premier temps, le Directeur des Poursuites publiques (DPP) avait objecté à la demande des filles de Dawood Rawat pour la révocation du gel de leurs avoirs ou encore pour qu’elles accèdent à une partie de leur argent. Elles avaient logé une motion réclamant la levée du gel sur une partie de leurs comptes bancaires afin de pouvoir payer leurs hommes de loi de même que pour subvenir à leurs besoins quotidiens, car étant sans-emploi.  
Laina Rawat avait juré un affidavit à cet effet dans lequel elle conteste la manière dont les autorités ont procédé pour le gel de ses avoirs. Pour soutenir sa demande, elle a expliqué que son époux et elle étaient sans emploi et qu’afin de pouvoir payer ses conseils légaux et subvenir aux besoins de sa famille, elle avait demandé à pouvoir effectuer des retraits mensuels de Rs 150 000. Rappelons que c’est à la demande de l’Assets Recovery Unit que la juge des référés, Gaytree Jugessur-Manna, avait ordonné, le 18 avril dernier, le gel des comptes bancaires, actions, biens mobiliers et immobiliers de Dawood Rawat et de ses  filles. Cette instance a également obtenu le gel des comptes bancaires de l’époux d’Adeela, Claudio Fiestritzer, et de celui de Laina, Maxime Brian Burns, ex-Chief Executive Officer d’Iframac Ltd, et d’Oumeshsingh “Rishi” Sookdawoor, président du conseil d’administration et CEO de la BAI Co (Mauritius) Ltd. Désormais, le couple Rawat-Feirstrizer pourra avoir accès à ses comptes bancaires, tout comme le CEO de la BAI Co (Mauritius) Ltd, qui avait obtenu le dégel de ses huit comptes bancaires après que la juge des référés Gaitree Jugessur-Manna ait cassé l’ordre de gel de ses avoirs.
D’autre part, Laina Rawat et Brian Burns n’avaient pu faire ce matin le déplacement en Cour suprême. Ils ont dû se rendre au tribunal de Mapou pour compléter les formalités de remise en liberté sous caution de Brian Burns pour non-respect des conditions de la caution imposée par la Cour lors de son inculpation dans l’affaire de blanchiment de Rs 6 milliards. En effet, l’ex-Chief Executive Officer d’Iframac avait passé la nuit de samedi à dimanche en cellule au poste de police de Piton.
Brian Burns, qui doit se rendre tous les jours avant 18 h au poste de Piton, avait raté son rendez-vous de 37 minutes samedi. Ce retard est considéré comme suffisant pour loger un délit de “breach of conditions of bail”. Quand il est arrivé au poste, il a été placé en cellule et a dû comparaître devant la Bail and Remand Court dans la matinée de dimanche. Il a retrouvé la liberté contre une caution de Rs 5 000.
Sur le front des enquêtes, Seemadree Rajanah, le COO de la BAI Co (Mtius), soupçonné d’être l’auteur des directives pour des avances de plus de Rs 652 millions de 2008 à 2014, est de retour au Central CID pour la reprise de son interrogatoire. L’exercice, qui est encore à une étape préliminaire, devra durer jusqu’à la fin de la semaine. Ce suspect, qui a retenu les services de Me Imteaz Mamoojee, devra attendre encore pour savoir sous quelles charges il sera inculpé provisoirement.