La magistrate Adila Hamuth a rayé les charges provisoires retenues contre Madhukar Ramnarain et son épouse, Yam Youne, accusés d’avoir posté une bande sonore sur des réseaux sociaux contenant des « propos malveillants » envers la famille Jugnauth. La magistrate a statué que le « reasonable suspicion requirement has not been met in the present matter ».
Le couple Ramnarain répondait de deux charges provisoires, soit « use an information and communication service for the purpose of causing annoyance to another person by allegedly posting an audio file, which contains false, frivolous, vexatious and malicious allegations against a well known political figure, a minister in the government, his wife, his family, and others, on the social networks » et « made allegation of a fact prejudicial to the honour of the person whom such fact is alleged to wit posted the said audio file on the social networks and made several allegations against the aforesaid persons ». Le couple, défendu par Me Yatin Varma, avait logé une motion demandant la radiation des charges provisoires.
C’est suite à une déposition de Pravind Jugnauth, le 9 décembre 2014, que le couple avait été arrêté. Pravind Jugnauth avait déclaré qu’il avait vu, sur les réseaux sociaux, une bande sonore impliquant sa famille. Reconnaissant la voix du couple Ramnarain, qu’il connaissait depuis 30 ans, il les accusait d’avoir posté cette bande sonore. Le couple avait été arrêté le 17 décembre 2014. L’enquêteur principal dans cette affaire avait admis que c’est suite à la déclaration du ministre de la Technologie qu’ils avaient procédé à l’arrestation du couple Ramnarain. Lors d’une perquisition à leur domicile, la police avait saisi des équipements informatiques, dont un ordinateur portable contenant 3 000 photos de la famille Jugnauth, et un lien menant à la bande sonore.
La magistrate a fait ressortir que l’officier n’avait pas mentionné si la perquisition avait eu lieu avant ou après l’arrestation du couple, mais que la police avait agi après la déclaration du ministre, l’ayant jugé « suffisante » pour procéder à l’arrestation du couple. Selon la magistrate, les photos trouvées sur l’ordinateur portable n’incriminent pas le couple, le plaignant étant une figure politique que le couple connaissait depuis longtemps. La magistrate a donc conclu qu’il n’y avait donc aucune “prima facie evidence” ni de “reasonable evidence” justifiant leur arrestation.