Le gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, qui rencontrait la presse à la suite de la réunion du MPC, s’est interrogé sur le rôle des auditeurs externes de la Bramer Bank. « On ne procède pas à la vérification des comptes des institutions financières et bancaires de la même manière qu’on le ferait pour une tabagie ou un supermarché », a-t-il lancé en réponse à une série de questions de la presse. Il s’est toutefois refusé à dire que les auditeurs ont été complaisants ou ont agi de connivence avec la banque.
Toujours interrogé par la presse, le gouverneur de la Banque centrale a répété que la Bramer Bank avait « un gros problème de liquidités ». Toutes les tentatives ont été faites pour venir en aide à cette banque, qui avait de graves problèmes de liquidités, dit-il. « Nous leur avons donné jusqu’au 31 mars pour trouver un montant de Rs 350 M, mais au lieu de cela, ils ont demandé à la Banque centrale de leur accorder un prêt de Rs 1 milliard avec, comme garantie, des biens immobiliers. Nous ne sommes pas une banque commerciale. Nous prenons uniquement comme garantie les bons du trésor. Mais la Bramer n’était pas en mesure d’offrir ces garanties », a-t-il déclaré.
Ramesh Basant Roi a indiqué qu’à plusieurs reprises, la Bramer Bank a été « cautionned » par la Banque centrale. Dans ce contexte, il a insisté sur le fait que le personnel du “Banking Supervision Department” a accompli un « excellent travail ». Et de lancer : « They did a marvellous job », a-t-il dit. Il s’est toutefois refusé à « mettre sa main au feu » en ce qu’il s’agit du  “management” de la Banque centrale.
Il a affirmé avec force que la révocation de la licence de la banque a été effectuée dans l’intérêt des déposants. « Il fallait agir avant que la banque ne connaisse un crash. Après, il aurait été trop tard », a-t-il soutenu. Invité à dire s’il était partie prenante dans l’octroi d’une licence à la Bramer Bank, il a expliqué qu’il n’était pas à Maurice en 2008 lorsque la licence a été accordée. « J’ai quitté la Banque centrale en décembre 2006 », a-t-il ainsi rappelé.
A la question de savoir pourquoi la même mesure n’avait pas été prise à l’encontre de la MCB, Ramesh Basant Roi a expliqué qu’au moment de l’éclatement de l’affaire MCB/NPF, la MCB avait des réserves de l’ordre de Rs 7 milliards. « C’était une institution financière solide », a-t-il dit. Concernant les “related parties transactions”, le gouverneur de la Banque centrale estime qu’elle a été rappelée à l’ordre à plusieurs reprises et qu’elle a obtempéré.
Quant à la perception créée par l’affaire BAI auprès des investisseurs étrangers, le gouverneur de la Banque centrale a estimé que ce qui se passe devrait, au contraire, donner confiance aux investisseurs étrangers. « Ils auraient été inquiets si rien n’avait été fait », estime-t-il.